Premier pas vers l’Asie avec Milan China

han-li_yonghong-li_marco-fassone

Hier, un nouveau conseil d’administration s’est tenu à CasaMilan. A cette occasion, le budget du club pour la saison 2017-2018 et les inscriptions en Serie A et en Europa League ont été approuvés par les membres de ce conseil, selon les modalités de fonctionnement prévues suite au rachat du club (voir ici). De plus, un autre élément majeur du projet de la nouvelle direction du Milan a été soumis à délibération : la création – en Chine – d’une filiale de la société AC Milan sous le nom de Milan China.

Tout d’abord, il semble nécessaire de rappeler que l’ouverture au marché asiatique était une condition à la vente du Milan. En effet, lorsqu’il était encore président, Silvio Berlusconi regardait avec envie vers l’Extrême-Orient et plus particulièrement la Chine. Pour un businessman tel que le Cavaliere, il semblait inconcevable que le Milan ne puisse pas avoir sa part du gâteau dans l’immense marché chinois et son 1,35 milliard d’habitants (18% de la population mondiale), à l’instar de Manchester United ou du Real Madrid, même si l’immense majorité des Chinois a autre chose à penser que les matches des rossoneri. Cette attention portée vers la Chine s’était traduite il y a déjà quelques années par la mise en place d’un partenariat avec la firme Huawei et la participation tous les ans à l’International Champions Cup, compétition amicale regroupant quelques-unes des plus grandes équipes européennes pour des matches estivaux en Chine ou aux Etats-Unis.

Cependant, Berlusconi rêvait plus grand que ces simples partenariats. Ainsi, quand il a fallu trouver un acheteur pour les parts détenus par Fininvest dans l’AC Milan, c’est tout naturellement que les pontes de la holding Berlusconi se sont tournés vers l’Asie, nouvel eldorado du football mondial, avec la Chine en son centre. En premier lieu, le Thaïlandais Bee Taechaubol et ses activités basées à Hong-Kong laissaient entrevoir une porte d’entrée vers le continent asiatique. Après les déboires que l’on sait, c’est finalement le Chinois Yonghong Li, initialement à la tête du consortium d’investisseurs chinois Sino-Europe Sports, qui a racheté le Milan via Rossoneri Sport Investment. Principal apporteur de fonds dans l’opération et nouveau président du club, le mystérieux homme d’affaire compte bel et bien investir le marché de son pays de naissance avec la marque AC Milan.

A ce titre, a donc été créée hier Milan China, qui devrait selon toute vraisemblance être basée à Hong-Kong grâce à sa fiscalité intéressante. Le but de cette société ad hoc sera de développer l’AC Milan en Chine afin que le club bénéficie de retombées financières importantes, sous la houlette de Marco Fassone et Han Li, bras droit du nouveau président rossonero. Cela devrait se traduire par une recherche active de nouveaux sponsors – dans la lignée de Huawei – tant la Chine regorge d’entreprises au potentiel économique important, ce qui serait intéressant notamment dans le cadre du respect du voluntary agreement discuté auprès de l’UEFA à l’automne prochain (voir ici) et dessiné par Marco Fassone en collaboration avec le nouveau propriétaire du club. De plus, Milan China devra permettre de développer le marketing de l’AC Milan : ceci passera par l’ouverture de boutiques ou la mise en place de corners dans des boutiques de sport existantes aux couleurs de l’AC Milan pour agrandir les débouchés des produits dérivés du club et par l’organisation d’événements en rapport avec le club lombard (de type mariage ou conférence à thème Milan).

matrimonio-cina-milan

Oui, le mariage AC Milan, ça existe depuis cette année en Chine ! Le bon goût à son paroxysme. (Crédit photo : MilanNews.it)

Enfin, les missions de Milan China comporteront – heureusement – un volet sportif. Dans le cadre d’un partenariat avec le ministère chinois de l’éducation, l’AC  Milan devrait être présent d’une façon ou d’une autre dans au moins 200 écoles du pays, dans le but de promouvoir la pratique sportif chez les écoliers de l’Empire du milieu, le Président de la République populaire de Chine Xi Jinping étant un grand amateur de football. De plus, toujours dans cette optique de développement du football chinois, des Milan Camp occasionnels ainsi que des académies de football aux couleurs rossonere devraient voir le jour à travers le pays. Il est même envisageable que des entraîneurs chinois viennent se former en Italie auprès des entraîneurs du secteur jeune du Milan, afin de bénéficier de l’expérience de leurs homologues italiens.

Maintenant que la vente du club a été réalisée, le développement financier du Milan en Asie et plus particulièrement en Chine est donc lancé, ce qui s’avère presque être un impératif pour pouvoir concurrencer financièrement les plus gros clubs du monde.

Crédit photo de tête : acmilan.com

  • Maestro

    Super nouvelle ca !

  • Fabien1899

    Un bon premier pas pour un développer un chiffre d’affaire digne d’un champion de LDC. Cependant il faut également trouver des solutions pour le stade car aucun grand club ne peut se permettre de ne pas posséder son propre stade, qui plus est pour San Siro, vétuste.

error: