Bonucci, le leader retrouvé

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Drôle de saison que celle actuellement vécue par Leonardo Bonucci. Entre bain de foule à Casa Milan en juillet dernier et regrettable expulsion en octobre face au Genoa, évocateur du mal être qui fut alors le sien il y a peu, l’ex élément clé de la défense centrale de la Juventus au sein de la dénommée BBC, aux côtés de Barzagli et de Chiellini, aura expérimenté toutes les émotions possibles et imaginables en l’espace de huit mois de compétition. Que de chemin parcouru, donc, pour l’ex-produit du secteur jeune nerazzurro, qui fit ses retrouvailles avec une cité lombarde qu’il a quitté sur la pointe des pieds en 2009 en direction du Genoa, qui le prêta immédiatement dans la foulée à Bari, où il dévoila progressivement l’étendue de ses qualités.

Retour au 15 juillet 2017. Acclamé par le peuple rossonero, qui s’est déplacé en masse pour accueillir son nouveau leader défensif (Mirabelli et Fassone diront de ce transfert qu’il s’agissait d’une occasion en or à ne pas laisser filer), Leonardo Bonucci, qui savoure l’instant, mesure alors toute l’étendue des attentes pesant désormais sur ses épaules. Auparavant intégré à un effectif dont il était l’un des leaders, mais pas le leader exclusif, le natif de Viterbe change désormais de dimension, endossant désormais le rôle du guide charismatique devant faire profiter de ses années bianconere à un effectif à la moyenne d’âge réduite, d’autant moins rompu à la lutte pour le titre et encore moins aux compétitions européennes. 

Bonucci se sait attendu, mais c’est précisément ce qu’il est venu rechercher : un défi, et des responsabilités nouvelles, après avoir eu le sentiment d’avoir fait le tour de la question dans le Piémont, où ses relations avec Massimiliano Allegri n’étaient pas vraiment au beau fixe.

Le peuple rossonero est néanmoins sommé de patienter avant de voir l’homme à la célébration agaçante pour les supporters adverses mais terriblement plaisante pour les siens. Il faut attendre le 15 août et une rencontre amicale face au Bétis Séville pour voir le nouveau numéro 19 porter le maillot rossonero, ce dernier n’ayant pu prendre part aux tours préliminaires de l’Europa League (le délai d’enregistrement fixé par l’UEFA ayant expiré).

Cette rencontre face à la formation andalouse fut instructive sur le plan symbolique en ce qu’elle vit Bonucci endosser le brassard de capitaine, en dépit même de la règle de l’ancienneté qui prévalait jusqu’alors. Il convient néanmoins de préciser que cette règle avait néanmoins déjà été mise à mal par Berlusconi en 2013 à l’occasion de l’octroi de ce même brassard à Montolivo. Ce geste fort, décidé en accord entre la direction et le staff sportif, confirme le rôle dévolu à l’international italien : celui d’une pierre angulaire devant servir de fondations à un Milan aux ambitions retrouvées.

Le début de cette romance Milan-Bonucci est néanmoins contrariée à l’entame de cette saison. Progressivement en difficulté en championnat, le Milan peine à montrer un visage conquérant, à tout le moins conforme à l’investissement massif réalisé dans l’été. A ce titre, Bonucci est observé d’autant plus près, la révolte, si elle devait être sonnée, devant l’être par l’intermédiaire de l’homme aux 76 sélections en Nazionale et aux 319 rencontres sous le maillot de la Juventus. Néanmoins, à l’image de ses coéquipiers, Leonardo tâtonne, et semble happé par la spirale négative dans laquelle est plongée le Milan d’un Montella de plus en plus décrié.

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On découvre alors un Bonucci fébrile, parfois nerveux, loin de la souveraineté qu’il avait l’habitude de faire régner dans la surface de réparation face à ses vis à vis sous le maillot bianconero. Son association tantôt avec Musacchio, tantôt avec Romagnoli, s’avère délicate, et la charnière centrale, bien que comprenant trois défenseurs de haut niveau, ne parvient pas à stabiliser un onze rossonero désorganisé.

Le poids du capitanat s’avère t-il trop lourd, dans ce contexte d’intégration nécessitant normalement une certaine tranquillité d’esprit ? Le débat est ouvert, le principal intéressé botte en touche, reconnaissant néanmoins cette situation inédite.  

Heureusement pour ce dernier, l’inversion de la courbe ne tarde pas à arriver en ce début de saison compliqué. Son expulsion face au Genoa le 22 octobre dernier à l’occasion de la 9ème journée, au terme de vingt minutes de jeu, apparaît comme le point culminant d’un début de saison où le numéro 19 a semblé davantage traîner son mal-être que son habituelle rage de vaincre sur les pelouses de Serie A.

Cette expulsion, qui le contraignit à rester hors des prés verts durant deux rencontres, fut, de l’aveu de l’intéressé, un moyen de se « remettre la tête à l’endroit ». Un temps évoqué par la presse, le retrait du capitanat n’a finalement jamais été à l’ordre du jour contrairement aux rumeurs diffusées par les gazettes. Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort : ce célèbre est à même d’illustrer cette première partie de saison de Bonucci, qui, après diverses infortunes, retrouva peu à peu la sérenité qu’on lui connaissait à 200 km de là, du côté de Turin. 

Le retour en force du numéro 19 coïncide d’ailleurs avec l’éviction de Vincenzo Montella au profit de Gennaro Gattuso. Une décision qui, de l’aveu de Bonucci, a été l’un des paramètres ayant permis son retour en grâce : « Personnellement, Gattuso a été très important pour moi, nous sommes devenus une équipe grâce à lui. Avant, nous ne l’étions pas et nous étions faibles physiquement« . Des mots forts, qui viennent peut-être expliquer les difficultés qui furent les siennes en tout début de saison, entre manque de repères, entraîneur aux méthodes contestées et contestables, et difficultés inhérentes à tout changement de vie personnelle. 

Le Bonucci retrouvé a ainsi contribué de belle manière au redressement milanais, qui se traduit depuis le début de cette année civile par une série de dix rencontres sans défaite en championnat, toujours en cours. Mieux, le Milan n’a encaissé que six buts en championnat depuis le 30 décembre dernier, statistique qu’il doit à la solidité sans faille de la charnière constituée par Bonucci aux côtés de Romagnoli, symbiose parfaite entre expérience et avenir.

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Son jeu de passes est un symbole de ce retour en grâce. Sous la direction de Vincenzo Montella, pourtant chantre de la possession de balle, Bonucci ne pointait qu’à 76% de passes réussies en moyenne par match, contre 85% depuis la nomination de Gennaro Gattuso. De même, ses statistiques se sont aussi améliorées pour un autre de ses points forts : le jeu de tête. Ainsi, le joueur d’1m91 gagne près d’1,9 duel aérien en moyenne par match sous les ordres de Rino, contre à peine 1,4 avec l’Aeroplanino.

Le fameux temps d’adaptation passé et la sérénité insufflée par Gattuso ont donc permis à Bonucci de s’approcher enfin du niveau qu’on lui connaissait à la Juve et qui lui avait permis d’être contacté par le Real Madrid et le Manchester City de Pep Guardiola. D’ailleurs, la présence de l’expérimenté capitaine rossonero n’est sans doute pas étrangère au fait que Romagnoli s’affirme sans doute comme le meilleur défenseur milanais de la saison. Bonucci prend enfin la mesure du rôle qu’il souhaitait : être un leader technique dans une équipe en reconstruction mais aussi être un leader mental dans un effectif à la moyenne d’âge la plus basse de Serie A.

  • Gigi Facchetti

    Et grâce à Bonucci, on découvre aussi un Romagnoli très complet et fini dans l’apprentissage de certaines choses, la charnière est très complète et très solide

  • Cheva4ever

    Papier interessant. Merci pour l article. Dites nous, cette equipe a besoin de quoi pour etre plus competitive l annee prochaine? Belloti? Un milieu et un aillier? Peut etre!

  • O’Track

    On l’a encore vu contre le Chievo il est très fragile défensivement et quand il évolue sans Romagnoli c’est une catastrophe. C’est bien notre numéro 13 le taulier de la defense

    • Chris

      Mdrr

    • wise_turtle

      Zapata et borini et RR c’est pas la fete non plus

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