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Nouveau stade : une réalisation en question

Jeudi dernier, au cours d’une cérémonie organisée à l’Ecole Polytechnique de Milan, les directions du Milan et de l’Inter ont officiellement dévoilé les deux projets d’architectes pour leur futur stade conjoint, qui devrait prendre la place de l’actuel San Siro à l’horizon 2024. Cette présentation en grande pompe au public après celle dont avait bénéficié les élus de la ville a permis de mettre en avant les détails du projet « Cattedrale » du cabinet d’architecture américain Populous et du projet « Anelli di Milano » des Italiens de Sportium/Manica-CMR (photo de tête). Les débats qui arrivent dans les prochaines semaines entre les clubs, la municipalité et les associations de riverains risquent donc d’être animés, d’autant plus que la destruction de San Siro ne fait pas l’unanimité tant auprès des tifosi que des élus lombard. Tour d’horizon des projets et des tenants et aboutissants de cette réalisation importante pour le Milan et l’Inter.

Des architectures diamétralement opposées

Cela se voit à vue d’oeil : les deux projets toujours en lice n’ont clairement pas la même inspiration. Côté Populous (photos ci-dessus et ci-dessous), on justifie ce design cubique – peu courant dans l’architecture des stades modernes tous plus ou moins similaires – en renvoyant à deux symboles de la ville de Milan, son fantastique Duomo et son impressionnante Galerie Victor-Emmanuel II, tous deux situés en plein centre. Ce stade se veut donc comme la seconde cathédrale de la ville, avec une galerie vitrée tout autour du stade « unique et reconnaissable tant pour les tifosi du Milan que pour ceux de l’Inter ». Les systèmes d’éclairage permettront de draper ce stade des couleurs rossonere ou nerazzurre en fonction de l’hôte du jour. Ce projet se veut aussi à la pointe en matière de respect de l’environnement, avec de nombreux espaces verts aux alentours – cachant les futurs commerces – afin d’en faire un lieu de vie sain toute l’année.

Les équipes des studios Manica et CMR, réunies sous le nom de Sportium pour l’occasion, ont imaginé le projet « Anelli di Milano » (photos de tête et ci-dessous), qui donnent l’impression de voir deux anneaux s’entrecroiser : « c’est l’histoire de deux clubs, éternels rivaux sur le terrain, qui ont unis leurs forces pour mettre en valeur une des traditions les plus appréciées de Milan ». Le tour de l’enceinte devraient être composés de panneaux incluant les visages de 16000 tifosi, qui deviendront « un élément vivant de la structure ». Dans les environs, l’emplacement de l’actuel San Siro serait marqué par la conservation de l’actuel terrain avec, là encore, de nombreux commerces et espaces verts. Dans le même esprit que l’autre projet, différents mécanismes permettraient au stade de revêtir les couleurs du club jouant à domicile, à l’instar de ce qui se fait à l’Allianz Arena de Munich.

Une construction nécessaire ?

Par l’intermédiaire du site internet mis en place suite au dévoilement officiel des projets candidats, le Milan et l’Inter entendent répondre aux différentes questions qui taraudent aussi bien les tifosi que les riverains, premiers concernés. Pour les clubs, il semble évident qu’une rénovation de San Siro soit impossible, arguant des travaux longs, coûteux et fastidieux, qui mettraient à mal une structure déjà retouchée à de nombreuses reprises par le passé. Ces travaux ne permettraient pas de garder San Siro dans sa forme actuelle, avec une potentielle destruction totale du troisième niveau.

Dès lors, impossible d’envisager une deuxième vie pour l’actuel San Siro, qui ne pourrait qu’être rasé. Les deux clubs insistent sur leur volonté de créer un nouveau quartier autour de leur future enceinte, permettant de créer près de 3500 emplois avec la construction de commerces et immeubles de bureaux, qui feront l’objet de concours d’architecte plus tard dans le processus de redynamisation du quartier de San Siro. En effet, avant de construire de nouveaux bâtiments, il faudra attendre que le futur ex San Siro ait été rasé… L’ensemble des travaux ont un coût estimé à 1,2 milliard d’euros, provenant uniquement de fonds privés. Une dépense importante, possible uniquement par une réalisation conjointe Milan/Inter.

En se dotant d’une telle infrastructure, le Milan et l’Inter augmenteraient de façon significative leurs revenus, malgré une capacité réduite de 79000 places à un chiffre compris entre 60 et 65000 places pour le ‘San Siro 2’. Il faut donc s’attendre à une hausse des tarifs des billets de matches, ce qui passera notamment par l’augmentation du nombre de loges et billets VIP.

Qui sera propriétaire du stade ?

C’est la grande question qui agite les tifosi et la réponse est finalement assez simple, si tant est que l’on s’intéresse un peu au droit de propriété et au droit des biens en Italie. Le président du Milan Paolo Scaroni a été assez clair lors de l’événement de présentation des deux projets retenus : « Nous aurons une concession de gestion pour 90 ans puisque nous construirons notre stade sur le terrain de la commune mais du point de vue de la propriété, tout ce que nous construirons sera possession de la Ville de Milan ». Si cette phrase peut paraître inquiétante, c’est finalement la norme pour l’essentiel des infrastructures de ce type dans les pays de droit d’inspiration française.

En effet, il ne faut pas aller bien loin de Milan pour se rendre compte que la Juventus, présentée depuis 2011 comme propriétaire de son stade (ce qu’elle est !), se trouve dans la même situation que le Milan et l’Inter dans quelques années. Les terrains où elle a construit son Allianz Stadium appartiennent à la commune de Turin qui a cédé au club turinois le droit de superficie sur les terrains en question pour une durée de 99 ans, moyennant un paiement d’environ 25 millions d’euros effectués sur plusieurs années depuis 2002, date à laquelle l’accord avait été signé (voir communiqué officiel de la Juventus ici). Cet accord permettait à la Juventus de construire ce qu’elle voulait sur les terrains appartenant toujours à la Ville de Turin pendant une durée de 99 ans, et donc de jouir pleinement de ce droit qui lui avait été conféré par l’accord. Pour les juristes, la Ville demeure donc propriétaire du fonds tandis que le club est propriétaire des bâtiments construits sur ce fonds.

Au terme des 99 ans prévu par l’accord de concession (ou de constitution du droit de superficie en faveur du club), la Ville, propriétaire des terrains, récupérerait la propriété des bâtiments construits sur ces terrains – soit l’Allianz Stadium et les divers magasins, musées, boutiques – au détriment de la Juventus, en vertu du principe de l’accession valable en Italie en vertu de son code civil. Or, il est évident que la Juventus n’entend pas perdre la propriété de ce qu’elle a construit et le principe même de ces accords entre entités publiques et entreprises privées est que la concession soit renégociée à l’approche de la fin des 99 ans de la concession initiale.

C’est donc ce qui attend le Milan et l’Inter dans le cadre de ce nouveau projet. Les terrains appartiennent à la Ville de Milan et les clubs vont chercher à trouver un accord avec la municipalité afin de jouir – soit construire à leur gré un stade et divers bâtiments – de ces terrains pour une durée de 90 ans. Pour la mairie, c’est ainsi l’opportunité de redynamiser un quartier en périphérie de la ville à moindre coût puisque les travaux seraient aux frais du Milan et de l’Inter, entreprises privées. Les deux clubs lombards seraient donc propriétaires de leur futur stade, au moins pendant la durée de l’accord concernant le droit de superficie.

  • Laisser notre berceau comme il est san siro

  • Romagnoli1899

    pauvre Milan, je signerais les yeux fermé un echange entre nos joueurs et ceux de l’inter (a part Romagnoli et Donnarumma)

  • Shevchenko_7

    En même temps, les stades ovales se ressemblent beaucoup.

  • rzaigui haikel

    Moi je dit un stade a 80 000 c est le top

    • Joffrey Calligaro

      80 000 on le remplis pas, sauf contre l’inter et la Juve ça fait un manque à gagner trop important sur une saison. et vu que la LDCq c’est pas pour demain…. un stade de 60/65 mille place serait suffisant

      • Massimo

        Oui je suis d’accord avec 60mille c’est largement suffisant

  • Massimo

    Le projet populous ça a l’air top

  • Gaëtan 0992

    Tu as pas tord . Point commun aussi grazidis

    • Joffrey Calligaro

      Oui je crois qu’en fait c’est lui la même lis grande erreur du Milan

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