Rivera, Gianni

Beaucoup croient que l’un des joueurs les plus classes de l’histoire du foot Italien n’a porté que le maillot de Milan en club, et bien non, Gianni a joué en Serie A sous les couleurs d’Alessandria (Piemonte), sa ville natale là où il est né, le 18 Aout 1943. Ses premiers pas en Serie A, il les fait en Juin 1959 contre….l’Inter. Un sacré coup du sort, il n’a même pas 16 ans, son premier but dans le Calcio il l’inscrit en octobre de la même année contre la Sampdoria. Durant la saison 59-60 il jouera 26 matchs, marquera 6 buts du haut de ses 16 ans sans réussir à sauver son club, qui avant-dernier sera relégué en B. Ses performances ont bien sur très vite attirées les yeux des clubs plus côtés. Bologna, Napoli, la Juventus et le Milan veulent l’acquérir, l’offre de la Juventus étant même la plus élevée, seulement le président des grigi d’Alessandria favorisa le Milan, puisqu’il était redevable aux Rossoneri de leur avoir refilé un joueur la saison précédente. 130 Millions de lires et voici le jeune Rivera qui débarque à Milanello en juin 1960, le petit alessandrino a parfaitement séduit le directeur sportif Milanais de l’époque Gipo Viani.

Ainsi commence l’aventure d’une des trois bandiere du Milan AC. Rivera dispute les J.O de Roma l’été 1960 puis revient à Milanello, il débute en championnat et avec le Milan contre Catania lors de la 1ère journée le 25 Septembre 1960, une bonne prestation mais un déficit physique criant, quoi de plus normal pour un jeune de 17 ans…cependant les matchs s’enchaînent et Rivera ne tient pas le rythme, hormis son premier but splendide sous les couleurs rossonere contre la Juve (décidément prédestiné ce jeune garçon) en novembre 1960. Tout de même 6 buts pour sa première saison, Milan se classe 2ème derrière la Juve championne.

En fin de saison, Viani change d’entraîneur, et appelle Il Paron Nereo Rocco, ce dernier connaissant bien Rivera (qu’il a eu sous ses ordres un an plus tôt lors des J.O de Roma) l’apprécie mais le trouve encore trop tendre, on émet l’hypothèse alors de le prêter, à la Juve, Vicenza met personne n’en veut, l’idée de Boca Junior est même citée. Mais finalement « abatino » comme l’appela Gianni Brera reste à Milanello et Rocco l’intègre progressivement dans le groupe…une excellente saison, du caractère, de la personnalité acquise grâce au Paron, ainsi est née une bandiera et dans le même temps le Milan de Rivera.

Pendant 19 longues saisons, Il Golden Boy va être de toutes les premières victoires glorieuses des Rossoneri, il n’a pas 20 ans qu’il soulève sa première Coupe d’Europe des Clubs champions en 1963 à Wembley contre le Benfica, il est là en 69 lorsqu’à Madrid, il fait oublier l’étoile montante d’un soir Johann Cruyff, en étant l’auteur d’un match exceptionnel, cette même année, il remporta le ballon d’or FF. Il est là à la Bombonera contre Estudiantes après un match valant pour la Coupe Intercontinentale durant lequel les Milanisti furent victimes de multiples agressions de la part de leurs adversaires, c’est lui qui recevra le trophée. Il est de la fatal Verona en 73, cette défaite qui couta le Scudetto au Milan, et où Rivera durant l’après-match lança des accusations envers la classe arbitrale. Cette même année, il remporte le classement des buteurs avec 17 réalisations, chose rare pour un numéro 10. Il est là en 1979 lors de sa dernière saison sous les couleurs rossonere, du haut de ses 36 ans , il s’en va conquérir le Scudetto de la Stella.

Le Golden Boy, après 19 saisons sous les couleurs rossonere arrête le football, élégance, vision de jeu, capacité exceptionnelle de servir ses attaquants, passes millimétrés, sens du but…après 658 matchs et 164 buts toutes compétitions confondues avec le Milan, le Golden Boy, la classe à l’état pur quitte le pré vert après avoir gagné 3 Scudetti, 4 Coupes d’Italie, 2 Coupe des clubs champions, 2 Coupes Intercontinentale et une Coupe des Coupes.

Parallèlement en Nazionale, son parcours fut particulier, débutant à l’age de 19 ans le 13 Mai 1962 contre la Belgique, il participa à 4 Mondiaux 62-66-70-74, 60 sélections émaillées de 14 buts sous les couleurs azzurre jusqu’en 74. Ses belles performances furent malheureusement éclipsées par la fameuse staffetta Rivera/Mazzola lors du Mundial 70 de Mexico, cette fameuse tactique adoptée par le c.t Valcareggi de ne pas faire jouer les deux meneurs de l’Inter et du Milan en même temps, et que l’un remplace l’autre en cours de match. D’ailleurs le fait que lors de la finale terminée 1-4 contre le Brésil Rivera n’entra qu’à 6 minutes du coup de sifflet final après avoir pourtant qualifié les Azzurri lors du tour précédent contre l’Allemagne et ce match d’anthologie terminé 4-3 fit beaucoup de bruit. Sous les couleurs azzurri, il remporte un seul trophée, l’Euro 68.

Joueur élégant, Gianni ne fut cependant pas le joueur le plus calme. A l’inverse d’un Maldini, ses relations avec ses entraîneurs furent parfois souvent tendues, il se prt le bec avec Giagnoni, sergent de fer que Rivera appréciait peu, ainsi que Buticchi qui voulut céder Rivera au Torino. Mais au contraire, Rocco fut comme un second père pour lui. Rivera est connu aussi pour avoir eu de très mauvais rapports avec le meilleur arbitre de l’époque Concetto Lo Bello. Véritable emblème et symbole, Gianni était admiré des tifosi et très respecté, si bien que lors du match pour fêter le Scudetto de la stella, on envoya Rivera calmer les tifosi rossoneri un peu « chauds » afin de faire débuter le match. Après avoir arrêté de jouer en 1979, il passa de suite vice-président du Milan AC, il connu plusieurs chefs et la décadence du Milan, en Serie B puis la remontée avant le rachat de Berlusconi qui l’écarta du club et ne le considéra pas dans le projet de construire une grande società. Rivera et Berlusconi ne s’apprécient guère, notamment par la faute de leurs conceptions politiques opposées, c’est le chemin qu’entreprit Gianni devenant même député européen, avec la même élégance que sur les terrains de football tel le plus « classe » des numéro 10 de l’histoire du football.

Gianni Rivera en chiffres

(1960-1979)

Toutes compétitions confondues

*658 matchs (4ème de tout les temps)
*164 buts marqués (3ème de tout les temps)

En Serie A : 501 matchs – 122 buts
En C1 : 19 matchs – 7 buts
En C2 : 26 matchs – 1 but
En C3 : 21 matchs – 4 buts
En Coppa Italia : 74 matchs – 28 buts
En Coupe Intercontinentale : 4 matchs – 1 but
En Supercoupe d’Europe : 2 matchs
En Coupe des Villes de Foires : 6 matchs – 1 but
En Mitropa Cup : 2 matchs – 0 but
En Coppa dell’Amicizia : 2 matchs – 0 but
En Coppa delle Alpi : 1 match
Palmarès avec le Milan

3 Scudetti (1961/62,1967/68, 1978/79)
2 Coppe dei Campioni (1962/63, 1968/69)
1 Coppa Intercontinentale (1969)
2 Coppe delle Coppe (1967/68, 1972/73)
4 Coppe Italia (1966/67, 1971/72, 1972/73, 1976/77)

Autres

60 sélections – 14 buts (1962-1974)
1 Euro (1968)