Pato : « J’aurais beaucoup aimé jouer face à Paolo »

FUSSBALL SERIE A:  Meister 2011  AC Mailand:  PATO  mit Pokal

Alexandre Pato est sur un petit nuage, du moins c’est tout comme. Après avoir remporté son premier trophée majeur sous le maillot rossonero en mai dernier, casé avec la belle Barbara Berlusconi, Il Papero s’apprête à disputer la Copa America sous la direction de Mano Menezes, inespéré il y’a encore quelques semaines, après une blessure contractée face à l’Udinese lors du dernier match de la saison. Le buteur milanais se sent bien, et il le montre, comme à l’occasion de cette longue interview qu’il a accordé au magazine ibérique Don Balon, ou il revient sur ses débuts à Milan, son intégration, ses idoles, ainsi que sur son avenir, qu’il voit encore pour longtemps du coté de la capitale lombarde…

21 ans et champion de Serie A. Le succès vous entoure ces dernières semaines…

« C’est ça, je ne peux pas nier que je me sens particulièrement fier d’avoir gagné ce championnat, parce que c’est ce que j’espérais depuis le premier instant ou j’ai porté le maillot du Milan. Maintenant ce que je veux c’est continuer avec cette dynamique de succès, parce que pour moi ce n’est que le début d’une série de triomphes à venir. J’aime tant gagner… »

 Toutefois ça n’a pas été une saison facile pour vous. Vous avez été blessé, un nouvel entraineur est arrivé, et il y’a eu des changements dans l’équipe durant la saison…

« C’est vrai que ça n’a pas été facile en début de saison pour moi comme pour l’équipe. Je me suis blessé une fois, voir deux, je mourrais d’envie de revenir jouer. J’ai travaillé longtemps pour revenir. »

Vous avez appris quelque chose durant ces blessures ?

« Ces contretemps m’ont appris à comprendre que mon corps nécessite des attentions particulières et j’ai appris à mieux me gérer pour avoir un rendement maximum. J’ai consulté un des meilleurs spécialistes nord-américains pour connaitre la cause de mes blessures, et depuis pratiquement janvier j’ai recommencé à m’entrainer. De toute façon je suis jeune et je sais que je devrais m’améliorer sur le plan physique et renforcer ma musculature parce que c’est indispensable dans le football moderne, qui se base tant sur la force physique que sur la préparation technique. »

 Vous êtes arrivé jeune dans une équipe remplie de champions mais vous avez gagné leur respect. Vous etes de ceux qui arrivent à surmonter les difficultés…

« Je suis parti de la maison à onze ans et depuis je vis et décide de ma vie tout seul. Je tiens à ma famille mais nous ne pouvions pas vivre ensemble, et je suis très tôt devenu un adulte indépendant. Nous parvenons à nous voir plus souvent maintenant parce que j’ai de meilleures ressources économiques mais de toute façon le fait d’avoir vécu seul à Porto Alegre et maintenant à Milan m’a forgé un certain caractère en même temps que je suis devenu indépendant. »

Le sacrifice en a valu la peine…

« Oui, je suis une personne qui aime son travail, j’ai choisi moi-même ce mode de vie. Par ma façon d’être je suis quelqu’un qui aime gagner, mais je ne pense pas être un leader. Mais je me sens indispensable dans mon équipe. Parfois je pense être un exemple pour beaucoup de jeunes, et je suis sur que 90% des enfants voudraient devenir ce que je suis, un footballeur. Je veux leur démontrer que le football donne de la joie et qu’il vaut la peine de se battre et de se sacrifier. »

 Vous vous êtes parfaitement intégré au Milan. Comment vous sentez vous ? Comment vous etes vous intégré ?

« Le plus dur pour moi a été de commencer à jouer et à m’entrainer à coté de footballeurs qui ont pour la plupart été mes idoles. J’avais à coté de moi Ronaldo, Paolo Maldini… je ne pouvais pas le croire ! »

 

Votre arrivée au club a été comme un rêve qui se réalisait, c’est ça ?

« C’est bien ça, c’était un rêve devenu réalité. Quand j’ai su que le Milan était interéssé par moi, j’ai rapidement dit à mon agent de leur dire oui. Je voulais absolument être dans le club ou jouaient mes idoles Ronaldo et Maldini. J’ai toujours revé de jouer aux cotés de Ronaldo, mais je ne pensais pas que ça pouvait devenir réalité. Je ne voulais d’aucune manière perdre cette occasion. »

Et il y’avait beaucoup de brésiliens dans l’effectif milanista…

« Il y’avait sept brésiliens à ce moment là, et mon intégration s’est naturellement faite. Ils m’ont tous reçu comme si j’étais des leurs et je le dis, jouer à Milan était pour moi un énorme privilège. Je venais pour faire partie de l’équipe la plus titrée du monde ou jouent tous les meilleurs. »

Quel footballeur vous a le plus inspiré ?

« Depuis toujours mon idole était Ronaldo, comme je l’ai dit précédemment. Je l’adore, mais pas seulement moi. Je pense que tout le monde du football au Brésil le considère comme un vrai phénomène, un talent footballistique inégalable. Je regardais les buts qu’il marquait, et ça me paraissait incroyable de le voir faire ces choses avec un ballon. Il était fantastique ! Ça a été un grand privilège pour moi de m’entrainer à coté de lui et de le connaitre en personne, de l’observer et d’apprendre avec lui. »

Vous citez également Paolo Maldini…

« Exactement. J’ai également eu l’immense chance de jouer avec lui. Quand je suis arrivé au club il avait presque 40 ans et j’étais émerveillé de le voir courir, s’entrainer et jouer les matchs comme s’il n’était qu’un jeune. J’enviais son enthousiasme, sa force et sa préparation. J’étais halluciné de l’observer tantôt lui tantôt Ronaldo, j’ai beaucoup appris avec eux. En vérité j’ai été un privilégié de pouvoir jouer avec eux. »

Vous aimez voir votre nom associé à ces légendes, n’est-ce pas ?

« Oui, c’est toujours un honneur pour moi, mais la vérité est que j’aimerais faire pareil, créer mon propre style de jeu, qui plaise aux gens. Et j’aime observer avec des dvd la manière de jouer des grands champions, il y’a toujours quelque chose à apprendre d’eux. Je suis professionnel depuis mes 16 ans, et j’ai seulement 21 ans maintenant, je suis encore en train de me former tant sur le plan physique qu’athlétique. »

Depuis ce titre de champion avec le Milan vous souhaitez continuer dans cette voie, non ?

« Bien sur que oui. Ceci n’est que le début d’autres grands succès. Aujourd’hui je n’ai pas le temps d’avoir de vacances car nous disputons avec la Copa America avec le Brésil, et avec le Milan nous visons la supercoupe d’Italie, et de nouveau la Serie A et la Champions League. Nous voulons gagner toutes ces compétitions, et il me plairait beaucoup de jouer le Mondial des Clubs. Je vais donner tout ce que j’ai pour disputer ces matchs importants. »

 

Le Milan, que certains appellent « l’équipe des vieux » a gagné devant tout le monde la Serie A. Vous voulez en faire autant en Europe ?

« Certains joueurs de l’équipe ont un age qui parait excessif pour gagner, nous avons des joueurs de 33 et 35 ans. Mais il y’a également des joueurs plus jeunes, regardez moi. Je pense actuellement qu’il y’a un changement de génération dans le club. Le Milan a couru derrière le championnat depuis 7 ans et l’a gagné avec de nouveaux joueurs et un jeune entraineur. Un nouveau cycle de victoires commence et je me sens comme partie prenante de ce grand projet du futur. »

Quels objectifs vous êtes vous fixés ?

« Un des objectifs est de devenir un joueur important dans l’histoire du Milan, un symbole, un de ces footballeurs qui ont gagné de grands trophées et dont on se rappellera. »

 Allegri ?

« Nous nous sommes bien trouvés avec lui, c’est un homme qui a démontré beaucoup de caractère. C’est un gagneur né et il l’a démontré en venant à Milan en gagnant le championnat dès sa première saison. Ce n’est pas le cas de tout le monde. »

 Vous n’avez pas manqué la polémique entre vous et Zlatan Ibrahimovic. Qu’il y’a t-il de vrai dans tout ça ?

« Il n’y a aucun problème avec Zlatan, nous jouons ensemble, nous marquons des buts, nous sommes à disposition de l’équipe. Notre objectif est le même : gagner des matchs. Celui qui décide si nous jouons ensemble est l’entraineur et je m’entends très bien avec lui, nous nous comprenons sur le terrain. »

 Et durant cette saison de nouveaux joueurs sont arrivés en milieu de saison…

« La vérité est que tous les nouveaux ont démontré qu’ils ont été indispensables pour le succès du Milan. Nous avons un bon groupe, nous sommes capables de créer du jeu, nous avons le sens du sacrifice et nous voulons gagner et encore gagner. Nous formons un groupe très ambitieux. »

Avec quels joueurs êtes vous le plus lié, avec les brésiliens ou les italiens ?

« Je n’ai aucun problème pour me faire des amis. Je me considère comme une personne très ouverte et joyeuse, et j’ai beaucoup d’amis, de vieux amis, nouveaux, étrangers, brésiliens… je ne fais aucune distinction sur ce thème là. J’ai toujours vécu seul et c’est pour cela que l’amitié a toujours été fondamentale pour moi. »

 

Comment se passe votre vie à Milan ? Les tifosi vous adorent mais vous laissent-ils respirer ?

« Il est vrai que les tifosi m’alpaguent lorsque ils me voient dans la rue, mais ça ne me pose pas de problème. Au contraire, leur affection et leur chaleur démontrent qu’ils m’apprécient. Je suis heureux pour eux, et ça me satisfait vraiment lorsque ils me reconnaissent et qu’ils me demandent un autographe ou une photo. Cela signifie qu’ils apprécient mon travail, et de plus, j’ai toujours rêvé d’être reconnu, d’être célèbre. »

 Vous avez un adversaire en particulier qui vous a posé quelques problèmes, une bete noire ?

« Non, je ne pense pas. Je crois que, et ça a été une chance pour moi, la meilleure défense que j’aie connue dans ma vie jouait dans mon équipe, et c’était Paolo Maldini. J’ai souvent joué face à lui lors des matchs d’entrainement et c’était fantastique. »

 Dans quel sens ?

« Paolo m’a enseigné beaucoup de choses, et je peux dire que j’aurais beaucoup aimé jouer face à lui durant un match officiel. Ça aurait été un test incroyable pour moi, pour mesurer mes possibilités devant un joueur d’un tel niveau. Ensuite je peux citer un autre de nos défenseurs, Thiago Silva. Il est très bon et je dois suer pour pouvoir le passer. »

 Y’a t-il un club pour lequel vous quitteriez le Milan ?

« Non ! Ce que je veux est jouer au Milan. J’ai un contrat jusqu’en juin 2014 et je veux rester au club le maximum de temps possible, jusqu’à qu’ils se lassent de moi ! »

Appréciez vous ou suivez vous un autre championnat européen ?

« Le football espagnol me fascine, le jeu qui est pratiqué là bas est rapide, collectif… de la meme manière j’apprécie aussi le football anglais pour sa force et la vitesse qu’il impose. Mais de toute façon je me trouve aux milles merveilles en Italie. »

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