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Les problèmes du Milan : éléments d’analyse…

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Depuis la seconde partie de saison, le Milan a retrouvé petit à petit son grand niveau. Des bons matchs, des belles victoires… Mais il reste un gros problème, le Milan a concédé trop de matchs nuls pour pouvoir penser au Scudetto, face à des équipes qui sur le papier, apparaissaient accessibles et prenables pour les hommes de Leonardo.

Milan-Livourne, Bologna-Milan, Roma-Milan, Milan-Napoli, Parma-Milan, Milan-Lazio, Milan-Catania, on peut aussi ajouter à cette longue liste Milan-Manchester. 6 matchs nuls, 2 défaites alors que le Milan pouvait gagner le match sur un score large et confortable.

Alors pourquoi le Milan domine tant de matchs mais ne parvient pas à gagner ? Voici des éléments de réponse à l’analyse de cette situation.

Plusieurs personnes diront que le Milan n’est pas épargné par les blessures cette saison. On peut être d’accord avec ces personnes sur certains matchs, mais pas tous.

– Milan-Lazio, (Abbiati-Nesta-Bonera-Kaladze-Onyewu-Beckham-Pirlo-Ronaldinho-Mancini-Pato-Huntelaar), 11 absents, c’est tout bonnement incroyable, dont 6 titulaires alors que cette année le Milan n’avait pas un effectif fourni. Comment proposer une équipe compétitive avec tant d’absents ?  C’est juste impossible.

– Les absences de Pato et Nesta : Ces deux joueurs sont très importants dans le jeu du Milan, depuis leurs absences le Milan peine à s’imposer. Pato étant un joueur très important en attaque et Nesta en défense. Offensivement, Pato est très efficace tandis que Nesta rend la défense presque imperméable. Aucun joueur ne peut réellement les remplacer.

– Le manque de réussite : Des poteaux, des actions à couper le souffle… mais pas de buts. Un manque de lucidité parfois, à l’image d’Antonini par exemple (la confrontation face à Manchester à l’aller notamment). 

Mais personne ne peut prévoir ces problèmes à l’avance alors quelles sont les véritables causes de cette mauvaise situation ?

– Le mercato : Le Milan a vendu son « meilleur joueur » en la personne de Kakà, et n’a acheté aucun joueur dit de « grande classe » pour le remplacer. On peut cependant nuancer cet aspect à la vue de la dernière saison du fuoriclasse brésilien…

Les joueurs de grands talents sont connus pour débloquer des situations fermées ou sauver leur équipe, mais ils sont aussi très importants dans le jeu, la progression de l’attaque et la solidité de l’équipe. Ils ont un rôle très important et en cas de vente il faut investir une grande part des bénéfices dans l’achat d’un autre joueur de grande classe qui peut remplacer ce joueur considéré comme un meneur de jeu.

– Un effectif mal fourni : Leonardo avait été très clair sur cette situation, le club avait besoin d’un grand attaquant et d’un défenseur latéral de haut niveau. Résultat : Un attaquant moyen et pas de défenseur latéral. Un attaquant de classe mondiale doit être capable de débloquer les situations fermées en une occasion, il peut faire la différence, marquer des buts somptueux et surtout marquer au moins 20 buts par saison. Mais il doit aussi être décisif et aider l’équipe à construire le jeu. Ce n’est ni le cas d’Huntelaar ni celui de Borriello. C’est pour cela que certains matchs restent bloqué sur un résultat nul alors qu’un grand attaquant aurait fait la différence et débloquer la situation en une action. Un bon défenseur latéral doit bien défendre mais aussi monter en attaque. Il adresse des centres décisifs et dégage des ballons dangereux. Il est rapide et peut faire la différence face à un adversaire en un dribble ou une accélération. Le Milan ne possède pas de bon latéral droit, Abate n’est pas adapté à ce poste, Zambrotta est âgé et n’est plus efficace, et Oddo n’étant plus que l’ombre de lui-même. Mais le Milan ne possède pas aussi de remplaçants compétitifs. Il n’y a qu’un ou deux véritables remplaçants pour le Milan. En cas de blessure aucun autre joueur ne peut remplacer le titulaire à ce poste et Leonardo est amené à faire avec ce qu’il a pour remplacer les titulaires avec des joueurs hors de forme ou qui réalisent des mauvais matchs.

– Un effectif trop vieillissant : Les joueurs vieux sont un peu moins rapides et moins décisifs. Il produisent un jeu trop lent et l’attaque ne progresse pas bien, leurs inspirations sont quelques fois trop prévisibles. Le Milan possède une ossature de joueurs qui ont avancé dans la trentaine (Seedorf, Gattuso, Ambrosini, Pirlo) tous des milieux de terrain. Les milieux de terrain doivent être des joueurs rapides et dynamiques. Flamini est le seul joueur qui apporte de la fraîcheur en milieu de terrain alors que les autres sont plutôt techniques, mais ils ralentissent le jeu.

– Le Calcio : Dans le monde, le football n’a pas été vraiment touché par la crise économique, mais de nombreux clubs italiens ont été fortement touchés par cette crise qui n’a pas épargnée le football italien. De nombreuses grandes stars du Calcio ont quitté l’Italie. Ainsi, le niveau du championnat italien a considérablement baissé. Les petits clubs luttent pour le maintien et plusieurs adversaires du Milan ont tendance à rendre un match ennuyeux. Défendre à 11 dans leur camp et ne viser que le nul. Les matchs deviennent fermés et il est très difficile de se créer des occasions.

– Des petites équipes difficiles à jouer : Ces matchs sont fermés, le Milan attaque mais n’arrive pas à marquer. Dans ce genre de match, ce sont les exploits individuels qui font la différence, la rapidité et la technique pour débloquer ces matchs fermés. Un grand club d’Europe possède un grand joueur capable de débloquer ces situations en une attaque, c’est dans ces situations qu’un grand joueur talentueux et efficace est important. 

– Le mystère San Siro : Le Milan a concédé plusieurs nuls devant son public alors que la victoire devrait être acquise surtout face à des petites équipes. C’est quelque peu incompréhensible, est-ce que les joueurs manquent de motivations, le gazon est mauvais, les tifosi adverses se déplacent en masse, les tifosi rossoneri n’encouragent pas leur club? Il faut vite résoudre ce mystère car ce n’est pas la première saison où Milan ressent une certaine difficulté à domicile. Or San Siro retrouve des taux de remplissage honnêtes cette saison.

– Des erreurs de jeu : Certains joueurs du Milan sont connus pour des erreurs défensives ou des bourdes, ces erreurs ont coûté à plusieurs reprises la défaite au Milan. Offensivement, le Milan a raté un nombre incalculable d’occasions qui devait toutes être transformées. Ces joueurs n’offrent pas une vraie assurance et cela pourrait avoir un mauvais impact sur le jeu et aussi sur le moral du joueur, qui retrouvera difficilement sa bonne forme et ses co-équipiers resterons toujours inquiets et auront toujours une certaine peur en cas d’une autre bourde.  

– Un jeu trop prévisible et inefficace : En l’absence de Pato, le jeu du Milan est tourné essentiellement vers la gauche, toutes les offensives partent de la gauche et le côté droit est parfois oublier à l’image d’Huntelaar qui reçoit peu de ballons à droite. Même les milieux de terrain se tournent vers la gauche pour faire progresser le jeu et attaquer. Tous les adversaires du Milan bloquent bien le côté gauche et isolent bien Ronaldinho qui doit à de nombreuses reprises adresser un centre au lieu de pénétrer dans la surface de réparation. Huntelaar, Mancini, Abate, ce sont les joueurs qui ont essayé de jouer en attaquant droit mais qui ont été presque invisibles durant tous le matchs. L’imprévisibilité, la rapidité et le sens du but de Pato manquent mais il faut avoir un remplaçant capable de réaliser des bons matchs et d’ouvrir des espaces dans le jeu et surtout pour ses co-équipiers. 

– Un jeu peu dynamique : Pour gagner, une équipe doit développer un bon jeu, rapide et efficace. Elle doit se créer plusieurs occasions. Comme je l’avais abordé précédemment, le Milan possède trop de joueurs qui ont passé la trentaine et ne sont plus forcément aptes à évoluer au même rythme durant 90 minutes, sur le plan physique évidemment. Leur grinta et leur envie n’est changée en rien, comme on peut le voir avec Ambrosini notamment, qui se dépense sans compter et est généreux dans l’effort comme un beau diable. Ils sont plutôt amenés à ralentir le jeu et à d’abord chercher la passe avant d’accélérer. Alors qu’un milieu de terrain court et accélère le jeu à l’image de Flamini qui n’arrête pas de courir durant un match. La rapidité ouvre de nombreux espaces, ce qui créé plusieurs occasions de but. Le dynamisme et la rapidité sont aussi très importants en contre-attaque. Le milieu de terrain est un secteur très important du jeu, il fait progresser l’attaque mais doit aussi être solide pour contrer les offensives adverses. Un milieu doit être composé essentiellement de joueur techniques mais aussi très rapide. Pirlo est très technique mais il n’est pas aussi rapide que Flamini par exemple.

– Un jeu déséquilibré : Le 4-3-3 est une tactique de jeu qui nécessite des joueurs très physiques et une certaine solidité défensive. Les milieux de terrain doivent tous revenir défendre tout en restant assez offensifs. Le Milan a encaissé énormément de buts sur des contre-attaques, ce qui montre des problèmes de solidité. Seuls Flamini et Ambrosini reviennent défendre en contre-attaques. Les deux défenseurs latéraux doivent aussi être rapides pour revenir défendre mais ils sont aussi important offensivement pour aider l’attaque et surtout les flancs du jeu. Les deux attaquants ailiers doivent mener l’attaque dans leur côté mais aussi aider un peu la défense. Tandis que l’attaquant doit être très physique pour faire progresser le jeu mais il doit aussi marquer. 

-Une tactique fatigante : Le 4-3-3 nécessite une grande force physique car les joueurs doivent courir tout au long du match, pour laisser au repos des joueurs il faut un effectif complet mais le Milan ne possède pas beaucoup de remplaçant de haut niveau. Les titulaires sont très fatigués et ne peuvent pas se donner à 100% tous les matchs.

Si l’on regroupe ces différents problèmes on peut en conclure que sans ses joueurs titulaires le Milan ne peut pas rivaliser avec les grands clubs, l’effectif n’est pas complet pour réellement prétendre à jouer sur plusieurs tableaux à la fois lors d’une saison. Ce qui parait assez déroutant en sachant que le Milan fait partie du gotha des grands clubs européens…

Mais dans le onze titulaire un joueur important manque, l’attaquant, depuis le départ de Shevchenko. Le Milan est à la recherche d’un attaquant de classe mondiale qui marque pratiquement toujours. Actuellement le secteur offensif est bien fourni mais chaque joueur à ses qualités:

Huntelaar: le chasseur, un véritable renard des surfaces mais qui ne s’est pas encore bien adapté au championnat italien.

Inzaghi: l’éternel, le buteur, Super Pippo tout simplement, très décisif mais ses 36 ans commencent à se faire sentir et il ne pourra éternellement jouer les sauveurs.

Borriello: le physique, la technique mais pas assez décisif et maladroit quelques fois.

 Le Milan reste un grand club d’Europe mais pour faire face aux nombreux problèmes internes et externes, il doit réagir et maintenant. Il faut commencer à penser au futur et remplacer peu à peu l’ossature des années Ancelotti qui commence à logiquement à prendre de l’age. Le Milan possède des joueurs de grandes qualités et de très bonnes bases mais qu’il faut consolider en incorporant des pousses de la Primavera (Zigoni, Albertazzi), ou en les faisant revenir de prêt (Paloschi pour ne citer que lui par exemple), et en achetant des nouveaux joueurs à prix raisonnable, prêts à tout donner pour retrouver de la continuité, le goût du succès et de la victoire.  

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