| Paolo Maldini : "Ramos peut devenir mon successeur" | ||||
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![]() Il nous manque tant notre Paolo que quand l'occasion se présente de le lire on saute sur le sujet ! Sergio Ramos a le visage qui s'éclaire littéralement quand il affranchit la porte des locaux du journal "Marca" et rencontre son idole : Paolo Maldini. Le numéro 4 madridista est en pleine extase, comme s'il était témoin d'une apparition. La simplicité de l'Italien, son authenticité, font qu’en quelques minutes ils commencent à bavarder, comme s'ils se connaissaient depuis toujours. Paolo tire une conclusion de son entrevue : il voit en lui son héritier possible.
SERGIO RAMOS : Bonjour et merci d’être venu Paolo c’est un plaisir de faire ta connaissance! Je te le dis du fond du coeur! PAOLO MALDINI : Enchanté Sergio, il en va de même pour moi. Bien que nous ne nous connaissions pas en vis en vis, je te suis depuis que tu as signé un contrat pro au Real. Je sais que tu es un grand défenseur et que tu aimes donner un coup de main aux offensifs chaque fois que tu peux. Je me souviens que Fabio Cannavaro m'a souvent dit qu’être défenseur en Espagne est très compliqué, parce que tous partent de l’avant, à l'attaque. C'est quelque chose qui en Italie a toujours attiré notre attention sur la Liga espagnole : jouer là bas doit être un plaisir, mais je sais aussi que c’est assez difficile pour un défenseur. Mais Sergio a beaucoup de caractère, c’est un footballeur de race et c’est bien. [Ramos rougit aux louanges de son idole]. EDUARDO INDA (journaliste) : Un débat a été ouvert en Espagne sur le poste dans lequel Sergio Ramos est le plus performant et peut exploiter toutes ses qualités : central ou latéral. Où êtes-vous le plus à l’aise Sergio ?
S.R. : Central. Tu es plus à l'aise, tu as plus de contact avec le ballon. Ca me plaît plus, oui. Mais ça dépend aussi du système de jeu, parce à l’heure actuelle au Real, les latéraux ont des espaces pour monter. Dans n'importe quel cas, je joue où l'entraîneur me dit. Pellegrini décide de cela. P.M. : Je vais te dire une chose, Sergio : j'ai aussi commencé latéral, avec la même mentalité que tu démontres, et tout de suite me suis mis à jouer central. Il est vrai aussi que la position de central exige moins physiquement, et quand les années passent tu dois tenir compte de cet aspect parce que c'est fondamental.
E.I : Et où Maldini pense t-il que Sergio peut tirer le plus parti de ses caractéristiques ?
P.M. : Tout de suite je réponds qu’il devrait jouer central, mais dans une défense qui est bien organisée, synchronisée. J'ai vu à la télévision des matchs du Real et parfois ils défendent individuellement, et ainsi ça semble plus difficile. E.I. : Cela dépend aussi des aides, parce que s’il n'est pas plus compliqué de défendre, les rivaux arrivent avec beaucoup plus de facilité.
P.M. : Je sais de quoi vous parlez parce j’ai connu ça au Milan lors des dernières années, personne ne venait à mon secours. Ce n’est que lorsque qu’il y avait à donner un ballon à donner dans les transitions vers l'attaque, mais je me retrouvais à deux contre un et là j’etais fait. C’était difficile. S.R. : Oui, tu te dépensais beaucoup : c’est vrai, Paolo ? Quoiqu’il en soit, en Italie ils jouent avec deux lignes plus collées et ont plus de soutien. P.M. : Eh bien, Sergio, au Milan il n'y a pas beaucoup de soutien, tu ne crois pas hein ?. Il y a quelques années oui, nous etions là pour épauler celui d'à côté. Mais maintenant non. E.I. : Paolo Maldini etait un joueur qui vous fascinait Sergio ? J'ai entendu qu’il était votre idole de toujours, depuis petit. Aimeriez-vous pouvoir arriver à être un jour comme lui ? S.R. : Ce n’est pas que ça me plairait, c'est que je signerais tout de suite. Paolo Maldini est mon idole. C'est le référant, un exemple pour tous les footballeurs, c'est un mythe. Pourvu que mon nom puisse durer un jour comme celui de Maldini : s’en souvenir avec du respect, de l'admiration et de l'affection voilà ce qui ressort quand vous parlez de Maldini avec n'importe quel footballeur qui a eu la chance de le rencontrer sur le terrain, je me considérerais comme satisfait. Un souvenir que de petit, là-bas à Séville, mon père et mon frère me l’ont toujours présenté comme un exemple, ils me disaient qu'ils voyaient des videos de ses matchs. Maldini sera rappelé par tous. Il est très grand. Immense P.M. : C’est bon, c’est bon, Sergio. Je suis déjà rouge de ce que tu dis [les deux rient aux éclats]. S.R. : je ne le dis pas gratuitement. C'est la vérité. E.I. : Paolo, croyez-vous que Sergio peut être au Real aussi grand que vous au Milan ? Peut-il arriver à être votre successeur ?
P.M. : Bien sûr que oui : pourquoi pas ? Sergio a tout : il a la rapidité, la puissance athlétique, de la technique et joue dans un grand club, comme moi au Milan. Madrid est comme le Milan, a une histoire, un palmarés, une tradition et une équipe. Sergio a toutes les conditions pour triompher, de plus il est jeune et a le temps. Je ne vois pas de problème pour qu'il aille vers le succès. E.I. : Et quels conseils donneriez-vous à Sergio pour qu’il progresse ?
P.M. : je peux seulement lui dire que j'apprenais tous les jours quelque chose. A l’âge que que tu as et de par les titres que tu as gagnés, tu dois toujours penser à faire mieux, à croître comme footballeur chaque jour [il le dit en regardant Ramos dans les yeux, qui impressionné, hoche la tête]. Après, la personnalité arrive avec le temps. Savoir se placer, te doser, ordonner sur le champ … Ce sont des choses que tu vas gagner avec les années et les matchs. Mais toujours tu dois vouloir t’améliorer, ne sois jamais satisfait Sergio. CARLOS CARPIO (journaliste) : Les blessures sont aussi un autre aspect important. Sergio a été malchanceux la saison passée et son rendement a chuté, il a même joué gêné ou sous infiltrations.
P.M. : Bien sûr mais on ne peut pas contrôler les blessures, cela ne dépend pas de toi. Sergio: qu'est-ce qui t’es arrivé, ça a été une vraie galère ? S.R : Oui, et j’ai été écarté des terrains pour beaucoup de matchs … J'ai eu des problèmes au pubis et après j’ai eu une lésion du tendon. Durant ces trois mois d’arrêt, j'ai eu le temps de me renforcer et maintenant je vais mieux. Ce qui se passe c’est que maintenant tout le monde veut me mettre central, mais je joue où l'entraîneur me dit. Je n'ai pas de problème. P.M. : J'ai joué la première année latéral, après une central, et à la fin j'ai joué de nouveau latéral. C.C. : Ce ne perturbe pas tous ces changements de position ? Ca n'empêche pas un footballeur d'acquérir les automatismes nécessaires pour le poste ? P.M. : Personnellement, cela me plaisait de jouer aux deux postes. Je me sentais dans une forme olympique, avec beaucoup de force, parce que nous entraînions comme des bêtes, j’ai pu attaquer et défendre. C’est très différent de jouer au centre de la défense. J'ai également joué latéral droit. En dehors de gardien, la vérité est que j'ai tout fait dans le football [rires]. S.R. : J'ai aussi joué latéral gauche. C’etait contre Barcelone. Messi entrait par la droite, j’ai donc été envoyé pour la couverture. C.C. : Cette polyvalence est une qualité que les entraîneurs estiment beaucoup chez un footballeur. S.R. : Oui, c’est vrai. Je m'adapte où on me met. P.M. : Vous avez raison, mais il faut reconnaître que c’est compliqué de jouer d’un couloir à un autre, ainsi que un peu latéral puis un peu central. Chaque poste a ses nuances, ses petits trucs. C.C. : Paolo: le football a-t-il beaucoup changé depuis que vous avez commencé ? P.M. : oui, trop. Le football actuel est très différent de celui-là de la fin des années 80 ou du début des années 90. Maintenant les équipes sont plus fortes physiquement, bien que le Milan de Sacchi et de Capello travaillait déjà beaucoup cet aspect. Toute l'équipe avait un niveau physique élévé. C’était impressionnant. Et avec Van Basten, Gullit, Rijkaard et les autres nous ne manquions pas non plus de qualité technique : non ? C.C. : Cette équipe a révolutionné le football, personne n’a défendu avec la coordination avec laquelle ce Milan le faisait. Est-il vrai qu’à l’entrainement, Sacchi plaçait une défense à quatre avec en face toute une équipe à l’attaque ? C’est ce que racontait récemment Baresi, en disant que dix-sept footballeurs attaquaient. Ce semble beaucoup : non ? P.M. : Tout ce que dit Baresi est vrai [rires]. Bon, en réalité je dois reconnaître que c'était 10, pas 17, mais ils ne nous ont jamais marqué de but durant les cinq premières minutes de match. Les 10 étaient très bons, ce n'étaient pas n'importe lesquels. Ces parties étaient terribles, une raclée.
C.C. : Tassotti-Baresi-Costacurta-Maldini. Les amateurs de football récitent par cœur cette défense. Quatre footballeurs qui se mouvaient comme un seul homme. P.M. : Vous avez raison. Mais derrière cela c’était beaucoup de travail, trop. Je vais vous raconter une anecdote : il y a un an nous nous sommes réunis pour jouer un match amical et ce qui est arrivé a été incroyable, je ne m'attendais pas à cela. Nous étions tous les quatre sur le terrain et nous nous sommes placés parfaitement, comme toujours. Nous ne n'avions pas parlé avant, ni fait d’essais. C’ est sorti comme ça sans réfléchir, comme si le temps n’avait pas passé. Il y avait Baresi, bien planté, sérieux et très concentré, comme d’habitude. Il ne parle jamais : vous le saviez ? Pas un mot. Rien. Franco était là avec son sifflet pour donner des ordres. Et nous autres nous savions ce que nous avions à faire. Mauro, Alessandro et moi le regardions et nous continuions de le connaître avec le regard après tant d'années, il ne fallait pas parler. C’était comme si le temps c’était arrêté. C’était hallucinant. C.C. : C’est merveilleux. Cette entente si absolue ne se voit guère plus, maintenant il y a plus de dérapages. P.M. : Il n'y a pas de secret à part travailler et travailler. Cela ne vient pas par inspiration. La clé de cette coordination était l'énorme quantité de la formation et des entrainements dont avons benéficiés. C'était une discipline très très dure. E.I. : Dans quelle mesure Milan Lab a-t-il influé sur ces succès ?
P.M. : Milan Lab est né il y a 10 ans, non, je crois que c’est plus. Il est fondamental pour l'entraînement et pour prévenir les blessures. Il est compliqué d'éviter les blessures, parce que, en plus de s'entraîner et en plus du renforcement musculaire, c'est aussi une question de sort [il croise les doigts et sourit]. Nous commençons à nous entraîner individuellement et tous ensemble. Je n'ai pas les caractéristiques physiques de Gattuso, par exemple, donc j'ai besoin d'un travail spécifique distinct. E.I. : Et comment travaillez vous actuellement à Madrid, Sergio ? S.R. : Eh bien comme le raconte Paolo. Avant nous n'avions pas toutes ces avancées, mais maintenant avec le Madrid TEC oui et il est vraiment très important pour la récupération et le repos. P.M. : Le travail après le match est aussi essentiel, Sergio. Nous courions toujours après un match. Maintenant le lendemain, on fait un travail de force et en vérité pour mes jambes c’était bien meilleur. S.R. : Nous non. Le lendemain on fait du stretching, des sprints.. P.M. : Tu devrais essayer, parce que je t'assure que ça fonctionne. S.R. : Ca fonctionne, si tu le dis... Avec cinq Champions League dans la poche, on devrait s’entrâiner comme tu le dis, en tout cas pour moi c’est clair. P.M. : et huit finales ! : N’oublie pas que celles-là comptent aussi. S.R. : Madre Mia ! Cinq Champions League et huit finales! Je signe tout de suite. Sans aucun doute. C.C. : Même pour la moitié du parcours vous signez non ? S.R. : aussi, aussi. P.M. :Quel âge as-tu Sergio ? S.R. : Moi ? 23, mais je crois que j'ai encore le temps non ?
P.M. : Bien sûr. J'ai gagné ma première Coupe d'Europe à 20 ans. Dans mon cas ce qui me satisfait, c’est d’avoir gagné des titres répartis le long de plus de 20 ans de carrière, et cela m'a beaucoup apporté. C’est très important, parce que ça signifie que tu t'es maintenu dans l'élite durant toute ta carrière. La vérité est que je suis fier de cela, je le reconnais. C.C. : Lesquels sont restés les plus gravés, Paolo, vos premiers titres gagnés ou les derniers ?
P.M. : Peut-être les derniers, comme capitaine. Les premiers, j’etais plus jeune, j’avais une autre mentalité et tu ne savoures pas autant comme quand tu sais que la fin de ta carrière approche. Lever une Champions League comme capitaine est quelque chose de très grand. E.I. : En parlant de capitaines, Sergio est déjà le quatrième capitaine du Real et peut être le premier dans quelques années. Quels conseils lui donneriez-vous pour endosser le costume de Maldini dans le vestiaire ? P.M. : Être capitaine dans une équipe aussi grande que le Milan ou le Real est compliqué, ce n'est pas facile. J'ai eu l'exemple de Baresi qui ne parlait pas beaucoup. En ce sens, j'étais assez différent, j’aimais bien parler à mes coéquipiers, dialoguer, savoir ce que pensait chacun, ce qui affectait l’équipe. Le plus important est de donner tout sur le terrain, à l'entraînement, être un exemple avec par son comportement sur et en dehors du terrain. C’est vraiment important et il n’est pas nécessaire de beaucoup parler, mais donner l’exemple. Il faut parler quand la situation le requiert. Mais tu dois parler à tes partenaires, Sergio, pas avec la presse. S.R. : Non, je ne parle pas beaucoup aux journalistes. Ca doit être pour ça qu’ils s’acharnent sur moi dans les journaux et à la radio. P.M. : Moi aussi la presse m’a critiqué à l’époque. J'avais perdu le rythme il y a quelques années, comme toi, j’ai eu des problèmes physiques, une pubalgie, des douleurs dans le talon … Je me souviens que tout le monde disait que le football était fini dans l’élite pour moi. Et je n’avais que 20 ans! S.R. : Et voilà regarde où tu en es arrivé et ce que tu as gagné... C’est est incroyable qu'ils aient voulu te mettre à la retraite! E.I. : Paolo Maldini ferait-il venir Sergio Ramos au Milan ? P.M. : Quelle question evidemment ! E.I. : Et partiriez-vous, Sergio ? S.R. : Le Milan est un grand club mais je suis content au Real. J'ai contrat de long terme - encore trois ans - et je suis désireux de continuer à progresser ici. Qui vivra verra. Ce club m'a beaucoup appris, mais on ne se sait jamais. Si je dois aller au Milan, je le ferais avec joie. P.M. : Nous t'attendrons, Sergio. Ne doute pas de cela Commentaires (2)
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| Mis à jour ( Mardi, 17 Novembre 2009 20:57 ) | |||








