| Pirlo : "Ancelotti me manque" | ||||
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![]() 30 ans, huit ans passés au Milan, Andrea Pirlo le fier et gracieux meneur de jeu italien s’obstine à affirmer qu’il a encore une marge de progression et qu'il ne se sent pas stagner. Par téléphone et dans la voiture qui le ramène chez lui maison après l'entraînement, il nie que le Milan de Leonardo, soit le plus faible des 20 dernières années. Interview très « stylée », datant d'octobre, pour le quotidien "El Pais".
Vous êtes l’unique joueur de qualité qui reste au sein du milieu de terrain du Milan. Comment survivez-vous ? « C'est faux. Nombreux sont mes partenaires qui sont très bons. » Lesquels ? « Plusieurs. Il est vrai que sans Kaká nous avons beaucoup perdu, plus que pour un autre parce que des joueurs comme lui, il n’y en a pas des masses dans le monde. » Vous ne vous ennuyez pas sans Kaká ? « Avec lui, il y avait certains automatismes, nous nous comprenions sans nous regarder. C'était une machine qui fonctionnait. Maintenant ces automatismes manquent et c’est cela qui nous coûte cher. » Comment le jeu de l'équipe a t-il changé sans lui ? « Maintenant nous jouons avec quatre milieux et sans mediapunta. Peut-être que c’est pour cela aussi que nous avons rencontré beaucoup de difficultés pour arriver à marquer. » Vous avez eu votre mot à dire sur la campagne de recrutement ? « Les recrues sont bonnes. L'équipe est bien armée. L’unique chose qu'il manque est un peu de patience pour que la mayonnaise prenne. » On a la sensation que l’équipe a perdu beaucoup de vitesse « Oui, et ça nous nuit parce que dans ces périodes il est fondamental d'avoir des joueurs rapides, qui changent le rythme et le cours d'un match. Kaká, Cristiano Ronaldo et Messi font cela. » Ronaldinho ne le fait pas ? « Il a toujours de la vitesse et une soif de vaincre. Il a besoin d'un peu de continuité pour les assurer. » Il ne les a pas perdus ? « Peut-être qu’il a perdu un peu de conviction après ne pas avoir joué dans la continuité. Pour cela nous l’aidons. Nous avons besoin de son apport pour changer le cours de la saison. » Avant le Milan, Leonardo n'avait jamais entraîné. Cela se voit-il ? « Pas du tout. Leonardo est personne remarquable, qui parle beaucoup, le dialogue lui plaît, il demande des conseils et respecte beaucoup les joueurs. De plus, il parle différentes langues et se débrouille selon les nécessités. Parfois il parle à Ronaldinho en portugais pour qu'il se sente comme chez lui et avec Huntelaar en anglais pour qu'il ne se sente pas perdu. » Et Ancelotti comment était-il ? « Ce qui lui plaisait, c’était de plaisanter avec tout le monde. Il le faisait pour supprimer les tensions dans le groupe. Il me manque. Je suppose que c’est normal parce que j'ai passé beaucoup d'années avec lui. » En quoi sont ils différents ? « Tactiquement, les mouvements sont identiques. Dans le football il ne faut pas inventer beaucoup de choses. Tout est inventé. Ce sont les joueurs qui marquent les différences. Avec Leonardo nous nous entraînons le matin et toujours avec ballon. Avec Ancelotti nous nous entraînions l'après-midi. » Si les mouvements sont identiques : pourquoi l'équipe est-elle si mauvaise ? « Parce que sans des résultats positifs, il commence à y avoir une anxiété et une confusion sur le terrain. » Est-que ce Milan est le plus faible de ces 20 dernières années ? « Absolument pas. Nous avons déjà vecu des moments comme celui-ci et nous avons toujours été capables de nous sortir. Nous avons le caractère pour le faire. Avec deux ou trois victoires nous relèverons la tête. » Arrigo Sacchi a dit que si le Milan a quelque chose c’est l'orgueil dans les compétitions européennes, mais cette année et avec cette équipe difficile de croire aux des miracles ... « Il y a des années où nous avons encore plus mal commencés. Mais nous sommes Milan. Nous parlons peu, mais nous arrivons toujours jusqu'au final. » Il y a eu un changement dans le football. Jusqu'à il y a dix ans tous les étrangers voulaient jouer en Italie. Maintenant tous veulent partir. Kaká et Ibrahimovic ont été les derniers. Pourquoi ? « Tous, non. Eto'o et Sneijder ont voulu venir. Mais il est vrai que dernièrement la Liga attire plus par son jeu et sa recherche du but, mais je suis italien et pour moi la calcio reste fascinant et continue de me sembler attractif ». Qu'est-ce qui vous semble attractif ? « Je me suis habitué à ce type de football et à jouer avec la pression. Je crois que dans aucun autre pays il en existe tant. En Espagne, les footballeurs vivent un peu plus relâchés. » L'Italie continue de produire des talents ? « Oui. Giuseppe Rossi et Daniele de Rossi en sont une preuve. » Mais Giuseppe Rossi a du à émigrer pour jouer. « C’est une autre coutume italienne. Les jeunes ont beaucoup de difficultés à jouer en équipe première. À l'étranger ils arrivent et on les lance sur le terrain. S'ils jouent mal un match, deux voire trois, il ne se passe rien. Ici oui. Si tu joues mal le premier match, tu es condamné. Dans le calcio, seul le résultat compte, pas l’épanouissement du joueur. » Ne souhaitez vous pas aller voir ailleurs ? « J'ai eu l'opportunité de partir, oui, mais en fin de compte, le club et moi avons préféré que je reste. Je crois que je terminerai ma carrière au Milan. » Outre Chelsea, le Real vous a contacté. « Oui, nous avons discuté à plusieurs reprises, mais finalement ils ont pris Xabi Alonso et on ne peut rien y faire. » Par la façon dont vous jouez, ne se seriez vous pas plus à l’aise en Espagne ? « Il est probable que oui. Je suis sûr que ça aurait été une belle expérience. Mais le Milan est l'un des plus grands clubs du monde. Je ne serais mieux nulle part ailleurs qu’ici » Cela fait huit ans que vous êtes au Milan. Vous pensez que vous pouvez continuer d’évoluer ? « Oui. Ce qui me stimule c’est d'être meilleur chaque jour. Un joueur doit savoir que dans notre profession tu n’as jamais fini d’apprendre. » Vous enregistrez vos matchs pour voir ce que vous pourriez améliorer ? « Non, je ne l'ai jamais fait. Je me connais si bien que je n’ai jamais eu besoin de me voir à la télé ou de lire les journaux pour savoir si j'ai été bon ou mauvais. Je m’en rends compte aussitôt que l'arbitre siffle la fin de la rencontre. » Qui est-ce qui vous a le plus aidé à vous améliorer ? « Ancelotti. Il a été un grand milieu. Cela lui permettait de me donner toujours de bons conseils sur comment me placer pour récupérer plus rapidement la balle et comment devancer un rival. » Qui a été votre maître ? « Pep Guardiola. Dans son rôle, il a été un modèle ou plutôt, le modèle. Par sa vision du jeu, sa tranquillité et sa qualité de passes. Ce grâce à lui que Barcelone est maintenant la plus belle équipe d’Europe. Cela m’impressionne vraiment de voir la vitesse à laquelle ils font circuler la balle." Il est dommage que vous ne vous soyez pas croisés à Brescia. « Je m’en allait quand il est arrivé. Je l'ai connu des années plus tard. Quand il étudiait pour être entraîneur, il venait beaucoup à Milanello. La journée, il passait pour voir comment nous nous entraînions. » Avez-vous vu quelques matchs de Madrid ? « J'ai vu les résumés et tous les buts. » Et... ? « Il a gagné tous ses matchs sauf un……Bien sûr si on compare au jeu du Barça, il est évident qu'il sort perdant. » Y a-t-il un nouveau Pirlo ? « Vous avez cherché. Je n'ai pas le temps de regarder autour de moi. Parce que, quand je joue il n’y a qu’un seul Pirlo. » Où serez-vous dans dix ans ? « Je n’y ai pas encore pensé, mais j'aimerais entraîner. » Commentaires (2)
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| Mis à jour ( Mercredi, 11 Novembre 2009 18:49 ) | |||






