Horizon dégagé pour l’aeroplanino Montella

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L’année 2016 s’est terminée par des retrouvailles avec la douce saveur d’un trophée acquis de haute lutte face à la Juventus. En outre, le Milan pointe à la cinquième place, après dix victoires, trois nuls et quatre défaites. Un bilan honorable, qui place la formation rossonera à deux points du podium, une rencontre en moins à son actif. Ce bilan, c’est aussi celui de Vincenzo Montella, intronisé à la tête du Milan en juin dernier, au terme d’un nouveau mélodrame sur le banc milanais en fin de saison passée. Retour sur les premiers mois du technicien rossonero.

A son arrivée, l’ex-illustre attaquant romain se devait d’offrir à l’institution rossonera un visage attrayant, à défaut porté par une philosophie de jeu bien définie. En effet, après deux saisons de gloubi-boulga technico tactique sous les ordres d’Inzaghi, puis de Mihajlovic, on n’y voit plus très clair du côté du microcosme rossonero : le Milan est-il doté d’une philosophie de jeu offensive ou défensive ?

L’omnipotent président milanais Silvio Berlusconi a en tout cas un voeu pour son équipe : produire un jeu tourné vers l’offensive, à même d’offrir du spectacle au sein d’un San Siro qui sonne de plus en plus creux saison après saison, déceptions après déceptions. Cela tombe bien, Montella est un homme doté d’une philosophie de jeu, lui l’Aeroplanino romanista ayant fait trembler les filets des pelouses de Serie A durant quasiment 18 ans. 

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A ce jeu, sans dire que le Milan dispose d’une identité de jeu figée dans le marbre, les bases d’un jeu tourné vers l’avant ont été posées par le natif de Pomigliano d’Arco. Porté bon an mal an par ses deux ailiers, le onze rossonero s’est vu donner pour consigne de construire son jeu en un minimum de touches de balles. Les longs ballons vers l’avant sont également abhorrés. Place nette est faite à la construction du jeu. Sans avoir affolé les compteurs buts du championnat, le Milan ne disposant que de la huitième attaque de Serie A avec 27 buts inscrits, soit le moins bon total parmi les pontes du championnat.

Cependant, on a pu constater que les prestations délivrées par le onze rossonero se sont avérées moins famélique que la saison précédente : en un mot, l’ennui qui caractérisait les rencontres disputées sous l’égide de Mihajlovic a quasiment disparu. Quasiment, car l’absence d’un ou plusieurs éléments clés du onze se ressent rapidement sur les prestations milanaises : Bonaventura absent, c’est un Milan peinant à compenser l’absence de son maître à jouer auquel on a droit. Cependant, Montella apparaît avoir rempli une partie du contrat à la mi-saison, à savoir apporter de la gaieté dans le jeu milanais. 

Cette gaieté s’est également traduite dans les faits au sein du groupe rossonero. En proie à quelques dissensions après le départ de Mihajlovic, dont le coaching « en rupture » n’a pas forcément été des plus judicieux, le groupe milanais a su retrouver du liant. Les propos à ce sujet sont d’ailleurs unanimes : Montella a placé l’humain autour de sa méthode de travail, ce qui s’est ressenti sur le terrain.

La victoire clé acquise en Supercoupe d’Italie a à ce titre prouvé que le groupe milanais était parvenu à se souder sous l’égide de l’ex-technicien florentin. Pour reprendre une maxime chère à Didier Deschamps : le groupe vit bien. Et ce n’est pas rien, bien que Montella ait vu sa tâche facilitée par le départ de plusieurs éléments l’été passé, lesquels n’étaient pas de nature à contribuer au bien vivre d’un groupe…

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Ce groupe, doté d’une moyenne d’âge parmi les plus basses de la Serie A, qui est de 25,37 ans selon l’observatoire suisse sur le football (CIES), a vu l’éclosion de deux éléments désormais titulaires dans le dispositif milanais, à savoir Suso et Manuel Locatelli. Le premier cité, boudé par Mihajlovic, a su s’imposer sur le flanc droit de l’attaque milanaise après une demi-saison encourageante au Genoa, comme en témoignent ses statistiques : 5 buts inscrits et 7 passes décisives délivrées depuis le début de la saison. La confiance accordée à l’espagnol par Montella n’est probablement pas étrangère à cet état de fait.

Autre révélation de cette première partie de saison, l’ex-primaverino Manuel Locatelli. Inséré dans le onze milanais de manière progressive depuis le début de la saison, puis à titre permanent suite à une sérieuse blessure de Montolivo, le numéro 73 milanais a su profiter de la chance qui lui a été accordée par le technicien milanais, lequel n’a pas hésité à laisser José Sosa sur le banc à titre permanent, pourtant recrue « phare » de l’été. On pourra donc saluer le courage de Montella, qui a su fructifier le capital jeunesse de son effectif. 

Ce tableau quasiment idyllique ne doit cependant pas occulter le principal grief que l’on pourrait opposer au principal intéressé, à savoir sa gestion des changements en cours de match. Tel un Massimiliano Allegri, Montella est un adepte des changements tardifs. Or, il s’est révélé à plusieurs reprises que cette technique n’était parfois pas des plus judicieuses : il s’agit certes d’un détail, mais qui pourrait avoir son importance en seconde partie de saison, où les points ne devront plus que jamais ne pas être oubliés en chemin. 

Le technicien milanais peut ainsi pleinement se projeter sur la seconde partie de saison à venir, son futur en rossonero n’ayant pas été remis en cause à la mi-saison, contrairement à certains de ses prédécesseurs. Les mois à venir seront cependant décisifs : le Milan s’est en effet effondré en seconde partie de saison sous l’égide d’Inzaghi puis de Mihajlovic. A Montella de maintenir la constance de son groupe, en vue d’atteindre une qualification en Coupe d’Europe qui fuit le club lombard depuis deux saisons déjà…

  • Gigi Facchetti

    Super article je trouve !
    Pour moi Montella est l’un voir l’homme de cette demi-saison, il a su motiver cette équipe et émerger de supers nouveaux talents, les saisons précédentes il nous manquait un mental et de la combattivité, je trouve que Montella nous a rapportés ces 2choses à la fois !
    En espérant que cette deuxième partie de saison soit toute aussi bonne !
    Forza Milan & Mister Montella !

  • AlexPato

    Luiz Adriano au Spartak pour 6-7M€

  • Antoine1899

    une petite faute sur le numero du maillot de Locatelli

  • Romagnoli1899

    Bel article sur l’homme fort milanais cette première partie de saison. Avec 2-3 recrues utiles et un dégréssage de l’effectif on peut lutter pour la 3 eme place et au moins s’assurer de l’europa league