Baresi, Franco

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En août 74, après un essai infructueux pour entrer chez les jeunes de l’Inter, le jeune Franco Baresi est accepté chez les jeunes Rossoneri, à 14 ans. Ainsi commence l’histoire du plus légendaire des Milanisti. Paradoxalement Franco était tifoso Interista dans sa jeunesse tandis que son frère Giuseppe qui a fait toute sa carrière à l’Inter était Milanista. Né le 8 Mai 1960 à Travagliato (provincia di Brescia), Franco n’eut pas une enfance heureuse, sa mère ayant quitté le foyer quand il avait 12 ans et son père décédant avant même que Franco débutta sous le maillot rossonero. Il débute en Serie A le 23 Avril 1978, lors d’un Hellas Verona-Milan (1-2) et ne quittera plus jamais les couleurs rossonere, c’était le Milan de Liedholm et surtout celui de l’inusable Gianni Rivera.

Franco n’a pas 18 ans et pour son premier match il obtient 7 sur les pagelle. Une note prémonitoire. Dès la saison suivante, il s’impose comme titulaire en défense centrale et remporte le Scudetto de la stella (le 10ème de l’histoire Milanista). Défenseur central, le libero parfait, meneur né, discret, efficace, Franco connaîtra la page la moins glorieuse du Milan AC puisque les années qui suivirent ce Scudetto furent marquées par deux relégations (une administrative et l’autre sportive). Mais qu’importe, déjà capitaine à 22 ans, Franco reste. D’ailleurs la saison 81-82, celle de l’unique relégation sportive du club, il fut absent 4 mois dans la saison. Un hasard ? Malgré tout, il est convoqué par Enzo Bearzot pour le Mundial 82 après avoir honoré sa première cape contre une sélection européenne en février 81 (défaite 3-0). Mais il ne disputera aucune rencontre, étant la réserve du mythique Gaetano Scirea, cependant, il deviendra tout de même champion du Monde.

Le Milan remonte en Serie A (et Franco ajoute à son palmarès deux titres de champion de Serie B ) et il a dès lors démontré sa fidélité exemplaire et sans faille aux couleurs rossonere. A ses côtés jouent déjà les protagonistes d’une génération dorée (Tassoti, Evani, Pippo Galli). Laissé de côté en Nazionale par Bearzot qui ne voulait l’utiliser que comme milieu défensif, Franco continue son chemin sous les couleurs rossonere. Liedholm revient aux commandes en 84 puis en février 86, la svolta a lieu : Berlusconi rachète le club, Sacchi, les hollandais, les jeunes pousses (Billy, Paolo) arrivent. Franco, le capitaine exemplaire, commence sa moisson de succès : Scudetti, Coppe Campioni, Coppe Intercontinentali font de lui le capitaine de l’ère la plus glorieuse du Milan AC. Il finit par ailleurs 2ème au Ballon d’or 1989 derrière son coéquiper Van Basten.

En Nazionale le vent a également tourné. Azeglio Vicini prend la tête de la Nazionale et Franco devient ensuite un titulaire indiscutable des Azzurri, ce qui lui permet de disputer l’Euro 88, et de finir 3ème du Mondiale 90. A Milan, Capello succède à Sacchi, mais rien a changé. Baresi continue de gagner : 3 Scudetti d’affilé, une 3ème Coupe des clubs Champions contre le Barça, en 94 mais suspendu, il ne disputa pas la finale, et puis la Coupe du Monde aux Etats-Unis. Mais à 34 ans et au sommet de sa forme, Franco se blesse au ménisque au début du Mondial (le deuxième match contre la Norvège), ratant pratiquement toutes les rencontres. Cependant, il réussit l’exploit de se rétablir à temps pour la finale (25 jours après son opération), et forme une muraille face au Brésil (9 dans la Gazzetta). La séance de tirs aux buts a lieu, et Franco, volontaire, va pour aller tirer le premier. On connait la suite, et c’est ici que se termine (presque) l’aventure de Franco en Nazionale. Les images de Franco, valeureux capitaine, en larmes… mettent en émoi tout un pays. Il disputera néanmoins une ultime partie en Nazionale contre la Slovénie 2 mois après. Bilan total : 81 sélections et un but de 1981 à 1994.

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Son aventure avec le Milan continue. A 34 ans bien sonnés, Franco est toujours présent dans l’axe. Il est de la finale de la Ligue des Champions perdue en 95, et il remporte un dernier Scudetto en 96 (son 6ème). Cependant, Franco décide de continuer une dernière saison. N’est-ce pas alors la saison de trop ? Certainement pas, car jamais un joueur de la trempe et de la classe de Franco sera considéré de trop. Car il est un régal que de le voir jouer : son placement, son anticipation, sa grinta, et sa gestion parfaite de son corps plaident toujours pour lui ! Il est cependant évident que sa dernière saison au club n’est pas des plus idyllique, car le Milan termine. Il tire alors sa révérence et Milan lui rend le plus grand hommage en retirant définitivement le numéro 6, après 719 matchs disputés sous le maillot Rossonero.

Il reste bien sur au club en tant que dirigeant, car le Milan est sa maison, sa famille.  Malgré tout, il ne faut pas se voiler la face : ses rapports avec les dirigeants Milanisti ne sont pas franchement au beau fixe. Franco va entraîner les jeunes après un intermède très vite oublié du coté de Fulham (un mois seulement), au poste de directeur sportif, après avoir été débauché par le riche homme d’affaires égyptien Al Fayed. A son retour au bercail à l’été 2002, il prend en main la Primavera et succède à son coéquiper de toujours Mauro Tassoti. Depuis l’été 2006 il est à la tête des Beretti (- 17 ans), changement de poste qui a fait jaser. Mais Franco, surnommé « Franz », comme à son habitude reste discret, travaille tranquillement, ne demande rien à personne. Pur produit de Milanello, il est surement le plus grand défenseur que l’histoire du football ait connu avec Franz Beckenbauer et son héritier Paolo Maldini. Baresi, c’est un type de joueur qu’on ne retrouve plus de nos jours, il est le symbole de la période dorée du Milan mais il a aussi tout connu avec ce club (milieu de tableau, Serie B). Il représente parfaitement les valeurs qu’incarne le Milan, classe, charisme, expérience et à la fois discrétion et modestie.

En 2007, on on a fêté les 10 ans de sa retraite footballistique … e come dire « Inimitabile Bandiera »

Franco Baresi en chiffres au Milan AC

(1977-1997)

Toutes compétitions confondues

*719 matchs joués (2ème de tout les temps)

*33 buts marqués

En Serie A : 470 matchs – 12 buts
En Serie B : 62 matchs – 4 buts
En C1 : 50 matchs

En C3 : 19 matchs

En Coppa Italia : 97 matchs – 15 buts

En Coupe Intercontinentale : 4 matchs

En Supercoupe D’Europe : 6 matchs

En Supercoupe d’Italie : 5 matchs

Spareggio UEFA : 1 match

En Mitropa Cup : 3 matchs – 2 buts

Torneo Estivo 85/86 : 3 matchs


Palmarès avec l’AC Milan

6 Scudetti (1978/1979, 1987/1988, 1991/1992, 1992/1993, 1993/1994, 1995/1996)

3 Champions League (1988/1989, 1989/1990, 1993/1994)

3 Supercoupes d’Europe (1989, 1990, 1994)

2 Coupes intercontinentales (1989, 1990)

4 Supercoupes d’Italie (1988, 1992, 1993, 1994)

Autres

81 sélections, 1 but (1980-1994)

1 Coupe du Monde (1982)