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Ferdinando Valletti ou la survie par le football

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Il y a tout juste 75 ans, le 1er mars 1944, l’Italie du Nord alors sous contrôle de l’armée allemande et dirigée par un Benito Mussolini qui n’avait plus rien de l’omnipotent Duce des années 1930 connaissait le début d’un des plus grands épisodes de paralysie de son histoire. En ce premier mercredi du mois, les ouvriers des usines locales cessèrent totalement le travail pour une semaine, soutenus par l’ensemble des mouvements de résistance, toutes orientations politiques confondues. Dans les principales villes du Nord de la péninsule, dont Milan, les chaînes de fabrication de véhicules et matériels destinés à l’occupant allemand et au semblant de police politique italienne restant ne tournaient plus. Parmi les ouvriers qui débrayèrent au sein de l’usine Alfa Romeo de la capitale lombarde se trouvait un certain Ferdinando Valletti, même pas 23 ans et qui, lorsqu’il n’était pas à son atelier, portait le maillot de l’AC Milano.

En ces jours d’agitation, le jeune Ferdinando ainsi que 22 de ses collègues d’Alfa Romeo payèrent chèrement leur participation à ce mouvement : dénoncés, ils furent arrêtés par les sbires fascistes de l’envahisseur allemand puis enfermés dans des trains vers une destination dont on ne revenait pas, le camp de concentration de Mauthausen en Autriche. Pourtant, Valletti – contrairement à l’immense majorité de ses compagnons d’infortune – reviendra chez lui à Milan lors de l’été 1945, une fois les « camps de la mort » libérés par les Alliés. Aussi incroyable que cela puisse paraître, il dut son salut à sa courte carrière de footballeur effectuée en partie sous la tunique rossonera.

 

La débâcle de l’Axe et la division de l’Italie

Au début de l’année 1944, alors que le monde est secoué depuis plus de quatre ans par le second conflit mondial, le IIIème Reich d’Adolf Hitler et ses soutiens voient leurs rêves de domination s’évanouir peu à peu. Les défaites successives à El Alamein (automne 1942) et Stalingrad (hiver 1942-1943) puis les opérations Husky et Avalanche dans le sud de l’Italie (été 1943), tantôt face aux Anglo-américains et Français libres, tantôt face aux Soviétiques, sonnent le glas de leurs velléités expansionnistes. En Italie, la situation n’est guère réjouissante pour Benito Mussolini : à la suite de l’ouverture du second front en Europe par l’invasion de la Sicile, le dictateur fasciste est destitué de son poste de Président du Conseil des ministres le 25 juillet 1943 par une délibération du Grand Conseil du fascisme qu’approuve le Roi d’Italie, Victor-Emmanuel III, soucieux de préserver l’image de la dynastie savoyarde.

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Rencontre au sommet avant les dissensions : Benito Mussolini, Adolf Hitler et Victor-Emmanuel III

Le Duce déchu est arrêté puis envoyé en détention dans diverses geôles, avant de voir son lieu de détention être fixé au Gran Sasso, un haut-plateau dans les Abruzzes, à la fin du mois d’août. Pendant ce temps-là, Victor-Emmanuel III et le nouveau Président du Conseil des Ministres Pietro Badoglio négocient avec les Alliés et signent l’armistice le 8 septembre à Cassibile, en Sicile, avant de déclarer la guerre à l’Allemagne quelques semaines plus tard. Dans le marasme politico-militaire que constitue cette Italie coupée en deux, les éléments de l’armée italienne répartis sur différentes zones du conflit ne reçoivent aucune consigne quant à leur engagement et, dans les parties sous contrôle allemand, ils deviennent bien souvent des prisonniers de guerre aux mains de leurs anciens alliés et sont parfois victimes de représailles comme à Céphalonie en Grèce où 5000 d’entre eux sont assassinés.

Suite à cet armistice signé par le Roi d’Italie, Adolf Hitler s’empresse d’envoyer ses troupes occuper l’Italie jusqu’à la ligne de front aux abords de Naples. Ne voulant pas s’embêter à gérer politiquement cette région, il songe alors à faire revenir Mussolini aux affaires et envoie donc des parachutistes SS libérer le Duce de sa prison dans les montagnes. Le 12 septembre, les Allemands arrivent au Gran Sasso et, sans que le moindre coup de feu n’ait été tiré entre les troupes d’élites du Reich et les carabiniers chargés de la surveillance du lieu, exfiltrent un Mussolini endimanché direction Munich. Requinqué (et manipulé) par son ancien ‘apprenti’ Hitler, le Duce reprend la route de l’Italie et instaure dès le 23 septembre la République sociale italienne (RSI), parfois connue sous le nom de République de Salò, du nom de la ville de Lombardie au bord du lac de Garde où ce nouveau pseudo État installe son gouvernement fantoche. Dans les faits, le Nord et le centre de l’Italie ne sont plus qu’une prolongation du « Reich millénaire » d’Hitler, qui administre politiquement – en utilisant la marionnette Mussolini – et militairement ces régions de la péninsule, malgré les nombreux affrontements avec la résistance locale et le désarroi de la population qui s’exprime notamment au travers de ces fameuses grèves générales.

 

Ouvrier la semaine, footballeur le dimanche

Ferdinando Valletti voit le jour le 5 avril 1921 à Vérone, au cœur d’une région qui avait été particulièrement touchée par les combats de la Première guerre mondiale. L’Italie d’alors est en proie à une véritable agitation politique et sociale, répercussions directes de la fin du conflit que de nombreux Italiens considèrent comme une « victoire mutilée », selon l’expression consacrée par l’écrivain Gabriele d’Annunzio. Valletti grandit donc dans une période compliquée et marquée par la croissance exponentielle du Partito Nazionale Fascista de Benito Mussolini, vétéran de la Première guerre mondiale. A l’instar de nombreux enfants de l’époque, le jeune véronais ne fréquente les bancs de l’école publique que pour le strict minimum et, lorsqu’il n’effectue pas quelques tâches faiblement rémunérées pour participer à la vie du noyau familial, il se retrouve très régulièrement sur les terrains de football avec certains de ses camarades.

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Ferdinando Valletti dans sa première jeunesse

Au milieu des années 1930, Valletti rejoint donc les rangs d’une des grandes associations sportives de Vérone, le Hellas, créée en 1903 par des étudiants dont le professeur de lettres poussa pour l’utilisation du mot grec pour « Grèce » en tant que nom officiel. Sa scolarité à l’Istituto industriale Galileo Ferraris terminée, Valletti se voit contraint à trouver du travail. Dans une Italie qui se relève enfin de la guerre et qui a achevé sa révolution industrielle, le véronais quitte sa terre natale pour rejoindre Milan en 1938, où les usines tournant à plein régime réclament de la main-d’œuvre. A 17 ans, il intègre donc les chaînes de montage des usines Alfa Romeo dans la proche banlieue de la capitale lombarde. Toutefois, il n’arrête pas totalement le football et malgré de longs transports avec les bus de la région, il évolue plusieurs saisons en Serie C à Seregno, ville située à une vingtaine de kilomètres de Milan.

Bien installé dans l’usine Alfa Romeo qui se concentre de plus en plus sur l’effort de guerre, Nando – comme il est surnommé – profite de son aisance avec les livres et des cours dispensés par son employeur pour obtenir un diplôme de technicien industriel, lui permettant de diriger une ligne de montage. C’est aussi à cette période qu’il quitte le club de Seregno pour s’engager auprès de l’AC Milano, nom utilisé par le Milan à l’époque suite aux lois fascistes imposant aux entreprises et associations d’italianiser leur raison sociale. Milieu de terrain considéré comme particulièrement rugueux, Valletti intègre donc le club rossonero pour la saison 1941-1942, dont le capitaine de l’époque n’est autre que Giuseppe Meazza, légende de l’Inter et de la Nazionale. Cette saison-là, le club abandonne San Siro car les transports en commun de la ville choisissent d’économiser au maximum l’énergie électrique en cette période de guerre et donc de ne plus desservir le stade pour réintégrer l’Arena Civica du Parco Sempione.

A 20 ans, Nando n’intègre pas officiellement l’équipe première mais ne dispute que des matches amicaux au cours des trois saisons durant lesquelles il sera inscrit auprès de l’AC Milano. Son premier match en rossonero semble avoir été une rencontre face au Dopolavoro Falck Sesto San Giovanni, l’équipe des ouvriers de l’usine sidérurgique Falck, le 11 septembre 1941, remportée 5-0 par le Milan. Trois jours plus tard, il rentre en deuxième période lors face à son ancien club de Seregno, avec une nouvelle victoire rossonera 5-0. Même chose le 14 mai 1942 à Vigevano, où il intègre le onze rossonero à la mi-temps (après la sortie de Giuseppe Meazza) de la rencontre face à l’équipe locale, remportée 7-2 par le ‘Milano’. Enfin, la dernière trace connue d’un match de Valletti sous le maillot rossonero remonte au 30 août 1942, encore une fois contre Seregno, avec une victoire milanaise 3-2. Il est inscrit au Milan pour la saison 1943-1944 mais il ne dispute toutefois aucune rencontre, suite à des problèmes récurrents au genou et à la guerre qui frappe durement le sol italien à cette période. En outre, il se marie le 25 novembre 1943 et s’installe au 44 de Via Cesare Ajraghi à Milan.

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Equipe mixte Milan/Inter au début des années 1940. Ferdinando Valletti est le 4ème debout en partant de la droite, Giuseppe Meazza est le 3ème accroupi en partant de la gauche

A cette période, les usines italiennes – notamment celle d’Alfa Romeo où travaille Valletti – sont destinées à la production de véhicules, d’avions et de pièces de rechange pour l’envahisseur allemand, qui a traversé les Alpes pour aller affronter les Alliés en Italie centrale. Le gouvernement fantoche de la RSI dirigé par le pantin Mussolini se soumet méthodiquement aux ordres de Berlin, laissant les SS traquer et châtier les partigiani et permettant aux Allemands d’embarquer les machines des usines italiennes afin de les rapatrier en Autriche. Dans le même temps, lesdites usines sont la cible d’intenses bombardements alliés au départ de la Sicile qui, s’ils n’ont pas le caractère systématique et aléatoire de ceux effectués sur l’Allemagne, font vivre la population italienne dans la peur et jettent des milliers d’ouvriers dans les bras du chômage. C’est à cette période que Valletti entre dans la résistance en effectuant le geste le plus basique : la distribution de tracts – au sein même de l’usine où il travaille – appelant à la révolte contre l’envahisseur et à la grève générale.

 

Des pelouses lombardes à l’internement autrichien

Les semaines de propagande portent leur fruit puisque le 1er mars 1944, la cessation du travail et le blocage des usines sont effectifs dans la majorité des entreprises du Nord du pays. Les rares chaînes de montage encore en place ne tournent plus, au grand désarroi des éminences de la RSI qui voient leur allié nazi leur imposer une répression en bonne et due forme. Des vagues d’arrestations ont lieu dans les grandes villes du Nord les jours suivant… Un soir, alors qu’il se trouve chez lui avec sa femme enceinte et sa mère, Valletti entend sonner à la porte. Il descend ouvrir, en chaussons, et se retrouve face à des éléments de la Legione Autonoma Mobile Ettore Muti, plus connue sous le nom de Legione Muti, police politique constituée à la va-vite lors de l’instauration de la RSI. Avec 22 autres employés d’Alfa Romeo, Nando est embarqué manu militari direction la prison de San Vittore, non loin de l’église Santa Maria delle Grazie qui accueille la peinture murale La Cène, le dernier repas du Christ, de Leonard de Vinci.

Après ces quelques jours dans la prison milanaise, les hommes de la Muti transportent les prisonniers jusqu’à la gare Garibaldi, à proximité de l’Arena Civica que Valletti avait fréquenté avec le Milan. Le train affrété au quai numéro 21 n’est pas un train de voyageurs mais un train de marchandises dans lequel les détenus sont entassés, avec pour destination le camp de concentration d’extermination par le travail (Vernichtung durch Arbeit) de Mauthausen dans la région de Haute-Autriche, à l’époque intégrée au Reich allemand depuis l’Anschluss de 1938. Construit la même année, ce camp devait accueillir les opposants politiques au régime nazi afin de les faire travailler dans les carrières de granit environnantes jusqu’à la mort par épuisement. Le camp de Mauthausen fut ensuite agrandi avec les camps de Gusen I, Gusen II et Gusen III, fournissant la main d’œuvre pour la construction d’une usine souterraine près de St. Georgen/Gusen nécessaire à la fabrication des Messerschmitt Me 262, premier avion à réaction de l’histoire produit en série. C’est dans cet univers carcéral dédié à la mort que Valletti et ses compagnons d’infortune arrivèrent, après un bref séjour au camp de Reichenau près d’Innsbruck, au terme d’un long et pénible voyage préfigurant les conditions inhumaines de détention dans lesquelles ils allaient tenter de survivre.

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Nouveaux prisonniers au camp de Mauthausen

Arrivé à destination, Valletti connaît le parcours de tous les nouveaux détenus de camp de concentration : les plus valides sont séparés des plus faibles, puis sont déshabillés, tondus et « désinfectés » lors de douches collectives. Ils reçoivent ensuite leur tenue de prisonnier à rayures et héritent d’un signe distinctif cousu sur l’avant de leur chemise : en tant que prisonnier politique, Nando se voit attribuer un triangle rouge et un numéro I57633, la lettre indiquant son pays de provenance. En premier lieu, il intègre le camp de Mauthausen pour y travailler dans les carrières de granit, avant de rapidement rejoindre le camp de Gusen II au bout d’un mois. Bien que l’usine souterraine Messerschmitt fut encore à construire en partie, les Allemands avaient pris le soin d’orienter les ouvriers des usines italiennes dans ce camp afin de bénéficier par la suite de leur expérience. Dans ces galeries à aménager, Valletti fait la connaissance d’Aldo Carpi, peintre et sculpteur milanais d’origine juive âgé de 58 ans à l’époque. Ce dernier a survécu à la détention et n’a pas manqué de citer Valletti dans son livre Diario di Gusen, paru en 1971 :

« Il y avait Ferdinando Valletti, un autre ouvrier, un brave jeune homme de Milan qui, à chaque fois que j’encourais le risque de m’écrouler sous le poids des pierres, me criait : ‘Professeur, Professeur !’ et il courait pour m’attraper par le bras et me soutenir. Une autre fois, ce brave garçon m’a tiré des rails alors que j’allais finir sous un train. »

Les semaines passent dans les galeries de l’usine en construction et les forces de Valletti et ses camarades s’amenuisent : les journées sont longues et harassantes, les repas bien trop rares et les conditions de vie marquées par l’entassement et la violence. Toutefois, un beau jour, un des kapos, ces gardes du camp recrutés parmi les prisonniers, cherche à savoir si certains d’entre eux jouent au football. En effet, les SS des camps de concentration organisaient régulièrement des matches afin de passer le temps, car les journées devaient être longues à surveiller ces pauvres âmes en haut d’un mirador, et cette fois-là, un de leur joueur manquait à l’appel. Valletti, méfiant, se propose malgré sa condition physique déclinante et le kapo le prévient immédiatement : il va être mis à l’essai et s’il voit que Nando a menti, il sera exécuté sur le champ. Malgré tout, l’essai se passe bien et l’ancien milieu de terrain du Milan intègre finalement l’équipe de ses bourreaux.

Cette opportunité va littéralement lui sauver la vie puisque pour l’avoir en meilleure forme, ses coéquipiers SS le font changer de travail : exit le perçage des galeries de l’usine Messerschmitt et ses conditions de travail déplorables, direction la cuisine du camp. Valletti se retrouve finalement à préparer la tambouille de ses compagnons d’infortune, un travail moins fatiguant qui lui permet donc de conserver ses maigres forces avant le prochain match aux côtés de ses geôliers. Nando cherche aussi à en faire profiter les cinq camarades d’Alfa Romeo avec qui il a rejoint le camp de Gusen II. Ceux-ci ne sont pas footballeurs mais bénéficient tout de même de l’aide de leur collègue qui leur apporte régulièrement des denrées supplémentaires volées au péril de sa vie dans les cuisines du camp.

 

La fin du calvaire

Alors que Valletti et l’ensemble des prisonniers des camps tentaient de survivre comme ils le pouvaient, la guerre suivait son cours vers une cinglante défaite des forces de l’Axe. En avril 1945, les dirigeants des camps de Mauthausen et Gusen envisageaient une attaque imminente de l’Armée Rouge de Staline et commencèrent donc les préparatifs de leur départ. Ne pouvant pas éliminer tous les prisonniers de ces camps, ils décidèrent finalement le 3 mai de les laisser sur place sous la surveillance de membres du Volkssturm, cette milice du désespoir appelée de ses vœux par un Adolf Hitler au crépuscule de sa vie et constituée de civils allemands et autrichiens armés avec ce qu’il leur tombait sous la main, avant de fuir. Attendant de l’aide, les prisonniers voient finalement arriver des éléments de la 11ème division blindée et de la 26ème division d’infanterie de l’armée américaine le 5 mai. Ils les prennent donc en charge en les répartissant selon leur état de santé afin de les soigner et surtout de les nourrir.

Valletti est envoyé en Suisse dans un camp de la Croix-Rouge internationale qui accueille les rescapés des camps de concentration pour les remettre sur pied, l’ex rossonero pèse alors 35 kg. Il rejoint finalement Milan en août 1945, alors que la Seconde guerre mondiale se termine aussi sur le front du Pacifique avec la capitulation du Japon. Nando retrouve sa femme et fait enfin la connaissance de sa fille, Manuela, née dix mois auparavant alors que son père jouait au football avec ses bourreaux pour survivre. Plusieurs mois de soins intensifs s’ensuivent afin qu’il retrouve la pleine possession de ses moyens. C’est chose faite en 1946, année où il récupère son travail chez Alfa Romeo. Au sein de l’entreprise qui avait été son premier employeur en Lombardie, il retrouve les cinq collègues qu’il tentait tant bien que mal de nourrir en piquant dans les cuisines au camp de Gusen II. Le football étant définitivement derrière lui, il organise un voyage commémoratif à Mauthausen avec ses camarades de détention en 1950, alors qu’il a 29 ans. Il rencontre aussi le Milan cette année-là, devenant pour toujours un suivre attentif de son dernier club.

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Le capitaine du Milan Andrea Bonomi, à gauche, accueille Ferdinando Valletti en marge d’une rencontre de la saison 1949-1950

Valletti gravit les échelons en interne chez Alfa Romeo, devenant notamment responsable logistique de l’entreprise en 1961. Bénéficiant d’une pension de blessé de guerre depuis la fin du conflit, il a aussi été décoré de la Médaille du Valeur militaire et du Brevet de résistant combattant en 1947 puis est nommé « Maestro del Lavoro » en 1975 par le Président de la République italienne. En parallèle de son activité professionnelle, il se met aussi à parcourir les écoles lombardes pour raconter son histoire et son internement dans les camps de Mauthausen et de Gusen aux jeunes générations. A partir de 1993, sa santé décline et Valletti apprend qu’il est atteint de la maladie d’Alzheimer. Il décède finalement le 23 juillet 2007, à l’âge de 86 ans.

Après sa disparition, sa fille Manuela a entrepris d’entretenir la mémoire de Nando en publiant un livre retraçant sa jeunesse dans les camps, Deportato I57633 – Voglia di non morire (Déporté I57633 – L’envie de ne pas mourir). En 2018, dans une interview au Corriere di Milano, elle soulignait que « le Milan fut la grande passion de mon père : durant sa maladie, il s’assoupissait en regardant Milan Channel et son visage s’illuminait lorsque ses petits-enfants évoquaient leur passion pour le Milan ». Comme Manuela Valletti l’expliquait à BBC Sport, elle voudrait maintenant que le club fasse un geste pour son père : « J’aimerais vraiment que sa mémoire soit reconnue par le club. Le Milan sait tout, mon père est dans leurs archives, et moi, étant sa fille, j’aimerais beaucoup qu’il y ait une plaque à San Siro mentionnant simplement mon père, sa contribution au club et ce qu’il a vécu. Je pense que mon père en serait très fier. Il était supporter du Milan jusqu’à sa mort, nous le sommes tous dans la famille. »

  • Baba Djiby Basse

    Ça fait chaud au cœur de lire cet article.Cet homme doit être honoré.

    • Ross o’nero

      Je suis totalement d’accord

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