Bonaventura : « Je me sacrifie pour le Milan »

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Humilité, lucidité et rigueur. Trois adjectifs qui paraissent bien résumer l’état d’esprit de Giacomo Bonaventura, agréable surprise de la première partie de saison milanaise. Le polyvalent numéro 28 rossonero s’est confié à la Gazzetta dello Sport sur ses premiers mois en rossonero à l’occasion de la tournée de fin d’année à Dubai. Verbatim :

Jack, on croirait que vous étiez déjà bon dans toutes les matières lorsque vous étiez petit à l’école : un 6.5/10 en italien, un 7/10 en mathématiques et ainsi de suite…

(Il sourit) « Je m’en sortais un peu partout, c’est vrai, même si je n’avais pas vraiment envie d’étudier. L’école n’était pas ma passion, mais il fallait y aller, et j’essayais donc de faire au mieux »

La polyvalence s’acquiert à l’entrainement, ou est-elle innée ?

« La polyvalence est une attitude qui s’acquiert. Je peux la mettre en lumière seulement lorsque je descends sur le terrain en sachant ce que je dois faire. J’ai cette caractéristique, mais elle a émergé également grâce à l’entraîneur et à mes coéquipiers ».

Le joueur le plus polyvalent de la Serie A est Vidal, qui est également un terzino et un défenseur central. Vous êtes le Vidal du Milan ?

« Peut-être… j’ai en commun avec Vidal les montées vers l’avant. Arturo est fantastique, complet, et un exemple de ce qui est à faire sur le terrain ».

Vous êtes un peu l’exemple de ce que souhaite Inzaghi en match : être attentif lorsque vous êtes à l’avant, et davantage de liberté pour oser plus lorsque vous êtes au milieu.

« Oui. Si je joue au milieu, je dois m’affirmer et apporter des solutions pour les trois attaquants, sans omettre le travail défensif. Si je joue plus en avant, j’ai des taches différentes et je dois essayer d’être plus « cynique » dans la dernière touche de balle ».

Mais vous avez sans doute un rôle de prédilection ?

« La position que j’ai occupé au sein de l’arbre de noël lors des deux derniers matchs me plait beaucoup : je pars du centre, j’évolue entre les lignes, et j’attaque en profondeur ».

Il est naturel de vous prédire un futur en tant qu’entraîneur. Mais lorsque vous étiez petit, vous lisiez aussi bien les matchs ?

« Non, le beau jeu et les belles actions me plaisaient. Quand je suis sur le terrain, au contraire, j’utilise ma tête : les qualités techniques viennent ensuite naturellement. Mais sans la tête, vous ne pouvez pas jouer ».

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Vous êtes un joyau dans un monde de spécialistes.

« La spécialisation est une mauvaise dérive : elle vous aide certes à exploser, mais vous devez ensuite vous améliorer, changer, et vous adapter. Et si vous voulez jouer dans de grandes équipes, il est inévitable de devoir s’adapter ».

On redécouvre les ailiers offensifs. C’est une mode, ou une nécessité née de l’absence d’espace sur le terrain ?

« L’aile est toujours fondamentale. Un joueur fort dans les dribbles crée une supériorité offensive et fait la différence, surtout lors des rencontres très techniques ».

Gabbiadini au Napoli, Cerci au Milan, et l’Inter cherche également un ailier : les ailes serviront-elles à atteindre la troisième place ?

« Elles aideront, c’est sur. Mais plus que les individualités, l’organisation tactique qui permettra de mettre en lumière les joueurs en question servira davantage ».

Est-il vrai que Berlusconi vous a demandé si vous étiez vraiment un joueur vu que vous n’avez ni tatouages ni crête ?

« Oui, le jour de la signature. Les tatouages ne me plaisent pas, c’est seulement une mode. Il faut un bon équilibre dans la vie. Le football gonfle l’égo, et il faut donc garder la tête froide. Puis, qui me voit avec une crête ?

J’ai d’autres passions : les séries télévisées, les films, et les voyages. Un de mes plus beaux souvenirs a été un voyage en voiture sur toute la cote californienne : ce fut la liberté absolue ».

Jack, la vie fait que vous avez forcément fait une chose étrange ou une folie. C’est le moment de la raconter…

« Oui, j’en ai fait. Mais, plus ou moins… mais je dois m’en remémorer; je peux vous les dire après ? »

Bien sur, comme lors du quiz une fois. Revenons à Berlusconi, la quinzième visite consécutive qu’il vous a rendu ne vous a pas fait dire : « encore » ?

« Ahahahah… Non, j’en suis satisfait car il nous donne confiance et motivation ».

Mais entendre avant le choc à l’Olimpico que « vous êtes plus fort que la Roma, que je ne changerai jamais mon effectif avec le leur » sonne un peu banal et peu vrai…

« La phrase dite peut être simple, mais c’est avant tout une question de charisme. Et ce n’est pas ce qu’il a dit, mais c’est tout comme ».

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A propos de la Roma, lorsque vous vous êtes retrouvés à 10, vous vous êtes dit « maintenant, voyons voir à quel niveau nous sommes » ?

« J’y ai pensé, même avant le match. Ce fut un examen et nous avons été bons. Nous avons attaqué, nous avons crée du danger, et si nous étions restés à onze, qui sait… »

Vous auriez pu avoir sept points de plus : ceux que vous avez laissé à Empoli, Cesena et Palerme.

« Je me suis également fait cette réflexion. Nous étions en début de saison, nous ne nous connaissions pas. Lors des premiers mois, il arrive de manquer certaines parties. Mais nous sommes désormais tous sur la même longueur d’ondes. Et cela se voit ».

Quelle équipe est favorite pour la troisième place ?

« Nous la jouerons avec le Napoli, l’Inter, la Lazio, et les deux équipes génoises. Mais je suis optimiste, je tiens beaucoup à jouer la Champions, qui est mon rêve ».

Vous êtes vous demandé ce qui se serait arrivé si vous aviez fini à l’Inter ?

« Non, mais je sais que le Milan est le club idéal pour moi. Nous ouvrons un cycle et je suis content d’en faire partie. C’est un club fantastique à tous points de vue. Mais l’Inter est également en progression ».

Vous avez battu le Real. Une belle satisfaction, même si ce n’était qu’un amical.

« Quand vous les voyez sur le terrain, vous comprenez pourquoi ils gagnent. Bale, Ronaldo, Benzema et tous les autres… Si un entraîneur est capable de les faire s’exprimer, il est normal qu’ils gagnent. »

Aviez-vous quelques posters dans votre chambre ? Et si vous étiez un enfant aujourd’hui, quels posters auriez-vous ?

« J’avais celui de Del Piero car il me plaisait beaucoup. Aujourd’hui, j’aurais eu un poster de Messi : c’est le numéro 1, il a une classe incroyable. Mais Cristiano Ronaldo est également très fort. Avec lui, ils partent toujours à 1-0. »

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Pour la première fois depuis longtemps, vous ne serez pas l’un des protagonistes des voix de couloir du mercato. Comment viviez-vous ces moments là ?

« J’en souffrais un peu au début. Tout le monde citait mon nom, mais personne ne m’achetait ensuite, et je me demandais pourquoi. Mais je réussissais ensuite à me concentrer sur le terrain : c’est ce qui fait uniquement la différence ».

Y a t-il une chose qui vous met en colère ?

« Difficile à dire. Et je vis en plus de ça une période dans laquelle tout va bien… pourquoi devrais-je alors me mettre en colère ? De caractère, je suis quelqu’un de positif, qui cherche toujours à rester serein ».

Qui y a t-il en commun et quelles différences y a t-il entre Conte et Inzaghi ?

« Conte a un rapport professionnel avec les joueurs, Inzaghi a un rapport plus confidentiel. Leur méthode de jeu est plus différente, mais ils ont en commun la passion, la volonté, le cœur, et le souci porté aux détails ».

Galliani a dit que le Milan achètera d’autres Bonaventura, c’est à dire des jeunes italiens, bons sous tous rapports, sans excès, et avec un bon état d’esprit. Vous sentez-vous déjà comme un symbole ?

« J’en suis heureux. L’impact a été positif car je me suis rapidement senti à l’aise. J’ai beaucoup travaillé, je sacrifie ma vie de famille et mon temps libre pour me dédier complètement au Milan. J’habite non loin de San Siro, car il y a beaucoup d’embouteillages, et je vais en ville quelques fois seulement pour dîner. C’est l’opportunité de ma vie ».

L’interview est terminé. Racontez-nous une petite folie…

« Déjà… elle m’est venue en tête. Lorsque j’étais un jeune garçon, nous avons fait une nuit blanche sur la plage à Porto Recanati (ndlr : ville balnéaire située sur la cote Adriatique) avec des amis. Cela vous va comme folie ? ».

  • Poseidon

    Baby Allegri est vraiment un joueur mentalement « Da Milan », maintenant il lui reste le plus dur a faire progresser et être régulier…..j’ai toujours le traumatisme Nocerino qui me viens en tête !

  • Exemple:comme kaka et pirlo.

  • Mister_El92

    Excusez moi, cela n’a rien a voir avec l’article mais pourquoi le prochain match contre Sassuolo est en plein après-midi (15h) du mardi ?

    • El sharaawy92

      on ne sait pas mais je présume que c’est pck c’est la semaine du nouvel an et y a pas eu d’entrainement le 31 et le 1 et qu’ils se rattrapent le week(c’est ce que moi je pense, cela pourrait etre totalement du n’importe quoi ;p )

      • Rabé

        En Italie,la tradition est de jouer le jour de L’Epiphanie qui tombe ce Mardi pour vous éclairer.

        • Rabé

          En Italie,la tradition est de jouer le jour de L’Epiphanie qui tombe ce Mardi pour vous éclairer.

  • guillaume

    J’adore la mentalité, c’est le genre de joueur qui ressemble dans sont style à Iniesta je trouve (pas au même niveau), et quand j’entend style je parle d’un joueur qui ne fait pas beaucoup de bruit, très humble, mais primordiale dans l’équipe.