Les faits marquants de la saison : Giuda interista

Juventus Turin - AC Mailand 0:3

« Je suis ému parce que c’est un jour de grandes émotions, je suis romantique, les rêves me parlent en général. Je ne cherchais pas du travail, je cherchais un rêve une grande stimulation, un grand défi, et il n’y a pas plus grand qu’ici. » Leonardo

Ce n’était pas le 4 Juin 2009, c’était bien le 29 Décembre 2010, à Appiano Gentile… La signification de ce passage d’un camp à l’autre est très important, plus encore qu’Ibrahimovic qui a fait une halte à Barcelone, et c’est la date intéressante du 24 Décembre qui a scellé officiellement le choix de Massimo Moratti, Leonardo est l’homme qui remplacera Rafael Benitez. En quelques secondes, le statut de héros milanais, qui a passé treize années entre le terrain et les bureaux, puis le banc, devient pariât, se sent-il comme un traitre lui demandera même un journaliste, ce 29 Décembre.

Il revendique sa liberté et passe au dessus de la signification du derby della Madonina, soit. Cet hiver dernier, l’Inter est au plus mal. Certes, ils peuvent désormais placer « Champion du Monde » en superlatif, mais ça n’enlèvera pas les treize points de retard sur l’équipe à abattre en Serie A, le Milan…

L’écart est à relativiser dans un premier temps, à cause de deux matchs en retard, le fruit de la fabuleuse Coupe du Monde des Clubs, puis dans un second temps, de la chevauchée fantastique. L’Inter redevient une machine à gagner, pendant que Milan redevient fébrile. Le choix s’annonce payant, les nerazzuri enchainent les victoires, les buts, les ratisseurs purs comme Cambiasso se permettent d’être décisif par le biais de réalisations.

De là resurgit le souvenir de ce rouleur compresseur post-Calciopoli qui ne se donna même pas la peine de considérer comme un rival sérieux le comateux rossonero, et d’une équipe qui façonnée par Mourinho, remportera enfin le graal européen et écrasa à deux reprises un Milan sous les ordres de Leonardo, et le brésilien est bon… il indique vouloir uniquement perpétuer Mourinho, sans apposer de changement. Mais problème, Leonardo reste Leonardo.

Du jeu offensivement attrayant de l’hiver, se développe un manque de confiance criant du secteur défensif, des défenseurs de métiers qui ont tout connu deviennent fébriles, mais ce n’est que progressif, et la finalité veut qu’on n’en tienne pas rigueur à l’homme qui permet à l’Inter de pouvoir concrètement espérer de conquérir le scudetto. Oui, désormais c’est 2 points, désormais c’est le derby…

« J’assumerais » Leonardo

Assumer les représailles des tifosi et des ultras, la Curva Sud promet un « chef d’œuvre », et la met en application. Leonardo est Judas, et en égayant Moratti, le jour de la Nativité, il ressuscite la Cène. Le tableau qui représenta au mieux la chute de Jésus-Christ a été commandé par l’église Santa Maria delle Grazie, de Milan… Le tableau qui représentera la chute temporaire de l’un des deux Milan se dessinera lui par des millions de spectateurs et téléspectateurs qui scruteront San Siro. Et ce dessin va reprendre tous les codes du cinéma hollywoodien, le mauvais qui triompha au début va chuter, pendant que le bon qui cherche son jeu depuis le début de l’année civile va se métamorphoser et s’envoler vers sa glorieuse destinée, entièrement méritée. Dès la 43ème seconde, c’est tout un symbole lorsque Pato, le canard dont Leonardo revendiquera la faisabilité de sa venue, plante un premier coup de poignard au technicien brésilien. Hollywood est mécontent, il aurait voulu que le suspense reste entier jusqu’à la dernière minute du match, Pato attendra donc la 62ème minute pour chercher une seconde occasion, le coup de poignard qui va porter Leonardo vers la faucheuse. C’est un diablotin, Antonio Cassano, qui achèvera l’enveloppe charnelle de Leonardo le victorieux, la morale est sauve.

Le reste respecta la coutume hollywoodienne, le bon s’envola avec force et certitude vers son dix-huitième titre de champion national, le méchant va enchainer les désastres, en championnat tout comme en Ligue des Champions, mais pour mieux annoncer le sequel, les nerazzuri remportent la Coppa Italia, l’occasion de lever les bras et murmurer que le cœur d’un champion ne doit jamais être sous-estimé, traduit pour le grand public par « je reviendraisssss !!! » De la surgit le mot Fin, et une annonce express, le tournage du prochain épisode débutera le 6 Aout à Pékin.

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